LE COMITÉ PERSISTE DANS LA POLITIQUE DE TERREUR
dans la même séance du club, demander des mesures rigoureuses contre la municipalité fédéraliste de Montargis, et, deux jours après, toujours aux Jacobins, s'élever contre les patriotes de fraîche date et d'opinions exagérées. « Levasseur a cité pour preuve du progrès de l’esprit révolutionnaire, la vivacité avec laquelle des communes ont renversé les idoles des temples; j'ai été témoin aussi de ces desitructions près Granville, mais les aristocrates seuls les avaient faites, pour faire révolter le peuple dans le moment où les brigands de la Vendée s’approchaient et pouvaient soutenir les mouvements séditieux qu'on cherchait à provoquer. Ces scélérats étaient parvenus à s’introduire dans les rangs des patriotes..………. Nos plus grands
ennemis ne sont pas au dehors, nous les voyons, ils sont tous les
jours au milieu de nous; ils veulent porter plus loin que nous les mesures révolutionnaires. Pour moi, dont la tête a été mise à prix, qui ai souffert autant et plus qu’un autre peut-être dans les diverses époques de la fondation de notre liberté, quand je rencontre un homme arrivé soudain dans la révolution, monté sur des échasses, exagérant le patriotisme, je lui dis : « Ah! tu es plus patriote que moi... Eh bien! tu es aristocrate t. »
Comme le silence opposé aux observations de Saint- André par ses collègues pouvait le faire prévoir, l’organisation du tribunal révolutionnaire de Brest fut poursuivie. Laignelot et Tréhouart en avaient nommé, le 4 pluviôse, l’accusateur public et le substitut, Hugues et Grandjean; le 12 pluviôse, Hugues se dit investi de ses fonctions par le Comité de Salut public, ce qui indique ratification du
choix de Laignelot ?. La Terreur s’accentua dans Brest, marquée
par un redoublement de vexations vis-à-vis des catholiques *, par: une seconde épuration de la Société populaire, et par l'institution, le 10 pluviôse, d’un Comité de Surveillance. Dans ce Comité, Hugues figurait premier de la liste avec Le Bars, Le Clerc et Palis, Palis
naguëre membre de la Commission d'examen des arrestations éta-
blie par Saint-André et maintenant docile à l'impulsion de Laignelot#. Contre toutes ces mesures, on ne voit pas que Jeanbon ait protesté,