‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 540 sur 889 · Procès-verbal, t XXX, p. 193. Moniteur, t. XIX, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal, t XXX, p. 193. Moniteur, t. XIX, p

la suppression des régiments de marine, et leur remplacement par des délachements de volontaires servant dans les ports et sur les vaisseaux. Comme cette mesure lui a valu de sanglants reproches, il est nécessaire de s’y arrêter un instant.

On se souvient que sous l’ancien régime il existait sur les vaisseaux de l’État des canonniers matelots, et pour faire le service de la mousqueterie des détachements des troupes de terre. Des dissentiments séparant ces troupes et leurs officiers des matelots et officiers de marine, l’Assemblée Législative avait organisé les canonniers malelots en quatre compagnies d’apprentis canonniers des classes, y avait joint deux régiments d'artillerie de marine et substitué quatre régiments d'infanterie de marine aux troupes de terre embarquées jusqu'alors. La mésintelligence n’en avait pas ‘ moins subsisté entre la marine et les troupes. Jeanbon, dans le décret du 9 pluviôse, maintint les compagnies d’apprentis canonniers des classes ‘; les deux régiments d'artillerie et les quatre régiments d'infanterie de marine furent supprimés, ou pour mieux dire fondus

dans les bataillons de volontaires nationaux, ceux-ci indistinctement

durent fournir les détachements en service sur les vaisseaux, détachements qui seraient exercés au canonnage ?. Un arrêté du Comité de Salut public, rédigé par Jeanbon le 24 pluviôse, stipula que ces détachements recevraient l'instruction spéciale nécessaire dans des « écoles de canonnage de marine » établies « à Cette, Bayonne, Paimbœuf, Granville et Dieppe ». Les grades dans ces troupes devaient être donnés au concours; « pour cette campagne seulement » ils seraient confiés aux plus expérimentés des apprentis canonniers des classes, en, attendant que les écoles eussent fonctionné à.

Pourquoi cette innovation ? Dans les considérants de son rapport Jeanbon s'exprime ainsi : « La base essentielle de notre institution sociale est l'égalité... il y a dans la marine des troupes qui portent le nom de régiments de la marine. Est-ce que ce corps de troupes

1. Les dissentiments sous l’ancien régime et la Législative sont attestés par Malaizé, Essai historique sur les troupes de la marine, déjà cité, p. 351. Tréhouart et Laiïgnelot demandaient l'augmentation des compagnies d’apprentis canonniers au Comité de Salut public, 1er pluviôse (Guerre : Armée des côtes de Brest, Aulard, Actes du Gomilé de Salut public, t. X, p. 338). La conservation des canonniers matelots, déjà indiquée par le silence du rapport et du décret sur leur suppression. est attestée par Malaizé, p. 57, et par les rapports sur les. combats de prairial qui en mentionnent quantité de tués ou blessés au feu.

8. Procès-verbal, t. XXX, p. 208, Moniteur, t. XIX, p. 335. Tous les volontaires des bataillons où seront versées les troupes de la marine seront appelés indistinctement au service de l’artillerie, qu’ils aient appartenu antérieurement à l'artillerie ou à l'infanterie de marine : cette disposition peu nette dans le décret est précisée dans un arrêté du Comité de Salut public du 25 ventôse (Aulard, t. XI, p. 716). à

3. AFu 301, Aulard, t. XI, p. 84. Il y a une première répartition de ces écoles ainsi marquée sur la minute : Brest, Rochefort, Lorient, Port la Montagne, Paimbœuf, le Havre, Saint-Malo, Dune Libre (Dunkerque), Cherbourg, Granville, La Rochelle, elle est raturéé. De la main de Jeanbon.

Page 1