Arrêté de Jeanbon du 11 floréal an II
3. Ce fait n’a été relevé par personne, sauf par Malaizé, voy. même chapitre, p. 668, note 1.
4, Kerguelen, Guerres marilimes, p. 855. Jomini, t. V, p. 283. Dénonciation des citoyens de la commune de Brest en l’an III contre Jeanbon. Réponse de Jeanbon à la dénonciation des citoyens de la commune de Brest : « C’est un mensonge », s’écrie le Représentant, et il le prouve. Malaizé le prouve aussi (pp. 54-56), ainsi que des arrêtés de Jeanbon que nous verrons au chapitre suivant. « L'expérience ayant prouvé qu’on ne pouvait s’en passer, ils furent rappelés par réquisition à Brest, et plus de 4,000 embarqués sur l’escadre », dit des artilléurs et fantassins de-la marine un projet de décret dans la collection Maurice Loir. .
modestes d’une attaque sur Jersey ‘. Cette île était la place d'armes des émigrés à portée de nos côtes, la marche des Vendéens sur Granville en avait montré l'importance, et maintenant elle alimentait la chouannerie. Le Comilé ne détournait pas pour cela son attention du convoi des États-Unis que Van Stabel était allé chercher. Jeanbon de son côté persista dans la demande de croisières qui dresseraient aux évolutions nos équipages et officiers novices, qui approvisionneraient le pays aux dépens du commerce ennemi.
En conséquence, les 6, 7, et 8 pluviôse furent pris divers arrêtés relatifs aux opérations maritimes. Nous n’avons pu retrouver deux d’entre eux et il nous a fallu les reconstituer d’après d’autres documents. Suivant deux arrêtés du 28 pluviôse, le6, le Comité de Salut public ordonna au contre amiral Nielly de se porter avec cinq vaisseaux de soixante-quatorze, deux frégates et une corvette au devant du convoi de Van Stabel dans les parages situés entre le 47° et le 48° de latitude et par le 15° de longitude ouest ?; on retrouve dans cette décision le projet d’envoi de cinq vaisseaux dont le Comité avait parlé le 13 nivôse à Jeanbon. D’après un autre arrêté sans date, le 6 pluviôse également, le Comité de Salut public dressa des plans de croisières pour les bâtiments légers de l’escadre de l'Océan *. Un arrêté daté du 6 détachait en plus une frégate et deux corvettes pour une croisière contre le commerce ennemi‘. Le reste de l’escadre, c’est-àdire tous les vaisseaux de ligne, dut demeurer en rade de Brest jusqu’à nouvel ordre, comme précédemment, d’après un arrêté du 8 pluriôse*. Le 7, Jeanbon autorisa le ministre de la marine à disposer des deux.vaisseaux rasés le Brave et le Scévola, « pour établir deux croisières dans les mers d'Europe et sur tels points qui seront jugés par lui les plus propres à inquiéter le commerce ennemi. Ces vaisseaux formeront, avec une frégate et une corvette qui seront attachées à chacun, deux divisions qui croiseront séparément mais pourront au besoin se réunir 5», Le même jour, autre permission donnée à Dalbarade de « disposer de quatre corvettes ou bâtiments légers pour les envoyer croiser dans la mer du Nord ‘». Ces diverses décisions nous
1. Voy. BB‘ 19, fol. 10 et chapitre vu, p. 325 ; voir Garnier de Saintes, hanté par ce même projet, ainsi que le général Tilly (Garnier au Comité de Salut public, 11 vendémiaire, AF1r 169, Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VIT, p. 187).
8. Voy. plus loin le texte de cet arrêté, collection Maurice Loir.
3. « Le Comité de Salut public n'ayant pas entendu par son arrêté du 8 de ce mois concernant l’armée navale qui est à Brest, interdire aux frégates etaux autres bâtiments légers qui y sont attachés les missions, croisières et découvertes qu’elles ont à remplir; arrête que le général de l'armée fera croiser les frégates et autres bâtiments légers qui lui sont attachés, conformément aux dispositions que le Comité de Salut public a arrêtées le 6 de ce mois. » Signé : Billaud-Varenne, Couthon, Collot d'Herbois, Jeanbon Saint-André (collection Maurice Loir).
: tr d’après un des deux arrêtés du 28 pluviôse dont nous donnons le texte plus loin.
5. D’après l’arrêté sans date donné à lanote 2. Voy. la suite des faits qui précise cet arrété du 8.