Jeanbon à Le Carpentier, 23 pluviôse
6. Décret du 24 pluviôse (Procès-verbal, t. XXXI, p. 213). Autre du 19, modifiant le ration de nourriture (ibid., p. 80), décret de principe du 21 sur les secours (ibid., p. 135).
séparaient la plume et l'épée. Sous l'influence de Malouet, intendant de marine, disait-il, la Constituante avait singulièrement augmenté les prérogatives de l'administration, et elle avait fait de l’ordonnaleur, chef de cette adminislration dans chaque grand port, un puissant personnage. La Convention et Jeanbon, par le titre de chef principal substitué à celui d’ordonnateur, par l’uniforme simplifié, la solde réduite avaient déjà rabaissé l’orgueil des administrateurs. Mais, déclarait Jeanbon : « Un chef principal est encore dans nos ports un personnage trop important... Quiconque connaît ce que c’est que la machine immense appelée administration dans un de nos grands ports, tel que Brest par exemple, sentira combien il peut être dangereux de remettre entre les mains d’un seul homme les approvisionnements de nos escadres, la levée de nos matelots, leurs salaires et ps les autres objets dont se compose cette importante comptabilité. »
Jeanbon host donc la suppression du chef principal, « les chefs particuliers, chargés de la direction de la partie qui leur est confiée, l’administreront sous leur responsabilité. » « Comme il est nécessaire que toutes les parties soient liées entre elles et à un tout commun qui garantisse au gouvernement l'exécution des lois et la célérité des mouvements qu’exigent les circonstances », les chefs particuliers se réuniraient « deux fois par décade, pour conférer entre eux sur les rapports des différentes branches d'administration, prendre en commun connaissance des différents ordres du gouvernement el rendre compte » de ce que chacun d'eux aurait fait pour exécuter ceux dont il était spécialement chargé. « Pour lier d’autant mieux les différentes parties du service », deux ofliciers, l’agent maritime et l'inspecteur civil, se partageraient le traitement-et les fonclions du chef principal. Le premier recevrait les ordres du ministre, les transmettrait à chacun des chefs particuliers; le deuxième en surveillerait l'exécution par ceux-ci, et tous deux rendraient compte au ministre. De la sorte, ajoulait Jeanbon, « si les travaux languissent il n’y aura plus d’excuse pour personne : un chef principal n’éludera plus la peine qu’il aura méritée à l'abri d’une puissance monstrueuse que la loi avait imprudemment remise entre ses mains, il ne rejettera plus sur les chefs particuliers, sur leur impéritie ou leur désobéissance des fautes qu’il avait lui-même souvent commises. Ceux-ci à leur tour, devenus directement et inévitablement responsables, ne se couvriront plus du manteau du chef principal ». Jeanbon demandait en dernier lieu que plusieurs fonctions administratives ne fussent plus concentrées entre les mains de membres d’une même famille ce qui revenait à les concentrer dans la même main. Le décret rédigé d’après ces vues supprima par l’article I le chef principal; Particle IT élablit : «Chaque chef des bureaux civils suivra sous sa responsabilité personnelle les détails dont il est chargé. Il correspondra directement avec le ministre de la marine, recevra ses ordres et lui rendra compte »; l’article III défendit de confier des fonctions administratives dans ua même port à plus de