Noter que la loi du 14 frimaire a diminué leurs droits
À Brest, la lenteur dans les travaux croissait en raison même du zèle terroriste. Laignelot et Tréhouart avaient pris quelques mesures judicieuses !. Mais es hommes manquaient : sur tel vaisseau à équiper on en comptait 56 quand il en aurait fallu 600 ; on avait 2,800 charpentiers quand 3,450 étaient nécessaires, et ceux qui se présentaient pour être embauchés n'étaient pas accueillis, de sorte qu'après avoir battu le pavé deux et trois jours beaucoup s’en retournaient. On n'avait même pas de quoi nourrir tous les ouvriers, si bien que l'on ne désirait plus qu’il en vint de nouveaux. Parmi ceux qui se proposaient on choisissait au petit bonheur, on prenait des cullivateurs allirés aux ateliers de la marine par la perspective d’un fort salaire et qui se faisaient caser dans la recette, la corderie, les magasins aux vivres pour esquiver la besogne ?. On ne trouvait ni chanvre ni lest. On ne parvenait pas à fournir la farine et le biscuit aux vaisseaux dont l'armement était terminé, Sané se demandait comment on réunirait les approvisionnements réclamés par la division du Brave et du Scévola destinée à à appuyer la tentative sur Jersey, ainsi que ceux dont avaient besoin les six vaisseaux de soixante-quatorze requis pour la même opération *. Sané, d’ailleurs, ne se sentait pas secondé; faisant part de ses appréhensions à Saint- André, il ajoutait : « Je puis commettre des fautes dans un tourbillon d’affaires aussi variées, aussi compliquées, et je ne puis tout voir par moi-même. » Le 26 pluviôse, c’est pour les trois vaisseaux, les quatre frégates el corvettes à expédier au devant de Van Stabelet de la seconde portion du convoi que Villaret manifeste les mêmes inquiétudes, il n’a pas de subsistances à leur donner : «C’est en vain que Laignelot et moi tonnons journellement et depuis fort longtemps contre l’administration des vivres *. » Sané, Dall Kéréon etVial promettent cependant au ministre, le 25, que le programme de travaux dressé par l’arrêté du Comité de Salut public du 15 sera exécuté, on veillera dans certains chantiers jusqu’à neuf et dix heures du soir. Mais il y a un laissez-aller général. L’indiscipline même reparaît sur l’escadre *.
A Saint-Malo, on se plaint de n'avoir ni bois ni cuivre. À Cherbourg, si l’activité de l'ingénieur Ozanne surmonte les obstacles qui entravaient les constructions, l'oubli de toute prescription d'hygiène amène parmi les équipages de la division de Cancale une maladie épidémique, trois frégates sont immobilisées de ce fait, et on ne trouve pas de chaüssures, de vêlements, de bois de chauffage, de literie pour les marins à hospitaliser £.