‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 564 sur 889 · Guérin, p. 340, note · texte numérisé non relu

Guérin, p. 340, note

plus acharnés : le comédien Guérin, le capitaine des douanes Corneille Pasquier entre autres *.

Jeanbon ne voulut pas retrouver à Brest Laignelot et son tribunal, et il s’en expliqua très nettement à ses collègues. Ce n’était pas qu il eût de l’animosité vis-à-vis des hébertistes en général : le 26 pluviôse encore, aux Jacobins, à propos de querelles eutre le dantoniste Dufourny et l’hébertiste Vincent soutenu des Cordeliers, il renouvelait sa profession de foi du 12 et celle de Robespierre du 17 : « Quand aux Jacobins on agite des intérêts particuliers, la patrie est là qui nous observe; elle voit avec sollicitude des frères qui se- divisent. Les Cordeliers et les Jacobins ne sont que des patriotes accoutumés à combattre sous les drapeaux de la liberté; comment arrive-t-il que . l’on voudrait établir entre eux une certaine différence ? Eh quoi ! les rangs des patriotes sont-ils assez serrés pour que nous puissions les dégarnir? L'Anglais nous menace, l’Autrichien nous poursuit, l'Espaonol est sur nos frontières; nous avons des aristocrales à contenir, des traîtres à punir, et nous examinons s’il y a dans le monde deux hommes qui se nomment l’un Dufourny et l’autre Vincent ?. » Hébertistes ou Dantonistes, Jeanbon réprouvait également tous les individus qui travaillaient pour un parti et non pour la patrie. Il ne condampait pas non plus le principe de linstitution d’un tribunal extraordinaire : dans le rapport relatif à l'insurrection de Quiberon, il avait souhaité, pour juger les marins impliqués dans cette affaire, l'établissement d’une juridiction autre que le jury maritime dont il redoutait la partialité. Cette demande, il l'avait renouvelée plusieurs fois dans la suite, surtout quand aux premiers détenus avaient été joints les rapatriés de Toulon, afin d’abréger pour lesuns et les autres les souffrances de la prison préventive *. Mais Jeanbon, dans le tribunal qui fonctionnait maintenant à Brest, réprouvait l’œuvre d’un homme et d’une faction, un tribunal composé des créatures de Laignelot et des suppôts du club, dominé par leurs passions et esclave de leurs rancunes : « On insista, nous dit-il, pour que j’acceptasse la mission qui m'était offerte, on m'en fit un devoir ; mais on voulait aussi un tribunal. Ne pouvant l'empêcher, j'exigeai au moins deux choses : la première que le tribunal de Rochefort, etsurtout laccusateur publicne

1. Du Chatellier, op. cit., p. 74; arrêtés du 29 pluviôse et du 26 (Reg. I d’arrêtés des Représentants). Garnier Guérin, « artiste dramatique » à Brest depuis 1781, chef de bataillon dans la garde nationale, devient le 29 pluviôse oflicier municipal (Garnier Guérin, artiste dramatique à ses conciloyens, 21 ventôse an III. Biblioth. du Port, Brest). Le Nôtre et Roxlo sont aussi chargés, le 28, d’une mission de sûreté générale à Carhaix (Reg. I d’arrêtés des Représentants).

2. Buchezét Roux, t. XXXT, p.296, Aulard, Jacobins, t. V, p: 653. Collot d'Herbois fit passer à l'Ordre du jour. Le 21 pluviôse, autre intervention de Jeanbon aux Jacobins, mais sans importance (Aulard, Jacobins, t. V, p. 648).

3. Rupport sur l'insurrection de l’escadre, rapport des Représentants envoyés à Brest. Cf. Tréhouart et Amable Faure au Comité de Salut publie, le 3 vendémiaire an Ill, à propos des ofliciers de marine INOUIDES : € Nous vous prions de pèser s'il n’est pas intéressant à la République, qu’un jugement prompt conduise le traitre à l’échafaud et mette l’innocent à même de servir utilement la patrie », et . ils demandent eux aussi un tribunal extraordinaire (AFy71 269).

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