Reg. IV de correspondance des Représentants du peuple
caine ». Un maître d'équipage qui vient à l’âge de quarante ans s'asseoir parmi les mousses pour s’instruire transporte de joie le Représentant, il s’écrie : « Voilà un homme! si dans un autre tem je me trouvais en place, ce serait celui que j’avancerais en grade t. Avec le savoir, il veut développer chez le malelot la personne morale : il récompense des actes de dévouement, il répète à propos des prisonniers de guerre que « le Français ne doit jamais avoir besoin d'échange, qu’il n’est pour les Français que vaincre ou mourir. Si cela était, l'Anglais qu’il faut enivrer pour aller au combat n’oserait pas regarder en face le Français et serait vaincu d'avance ?. » Jeanbon recommande aussi les connaissances techniques : « Le succès des combats de mer, et par conséquent la gloire de la nation sur cet élément, dépendent non seulement du courage des défenseurs de la Patrie, mais encore de leur habileté dans la manœuvre *. »
- Le Représentant ajoute’de nouvelles dispositions à celles qu’il a précédemment prises pour améliorer la condition matérielle du matelot : « Il sera choisi parmi les novices un prévôt pour soigner les malades. » Un arrêté du 24 ventôse réglemente le service dans les hôpitaux, et on y lit : « Les officiers de santé sont très spécialement exhortés à traiter les malades avec douceur, à joindre aux secours de leur art ces encouragements puissants, ces douces consolations qui donnent toujours à l’âme un ressort utile et favorisent le retour des forces physiques par le soulien et l'appui donné à la force morale *.. » Nous avons déjà cité des paroles analogues de Verteuil dont Jeanbon a fait un inspecteur général des hôpitaux. En revanche, ce même arrêté du 24 ventôse soumet les hospitalisés à une minutieuse discipline, et il prononce des peines sévères contre les individus qui prétextent la maladie pour se dérober au service. Le 24 floréal, un arrêté du Représentant consacre officiellement l’existence et les attributions d’un comité de salubrité navale qui s’est formé spontanément « par la réunion des officiers de santé en chef », et il charge ce comité de diriger le service, de surveiller l'hygiène générale. Le nombre des malades croissant en proportion des effectifs, de nouveaux hôpitaux sont établis à Landerneau, à Recouvrance, et quand le décret du 18 germinal (5 avril) écartera les nobles de tous les services, Jeanbon mettra en réquisition et maintiendra à leur poste les religieuses nobles qui soignent les malades ÿ. La nourriture des ma-