BB3 51, fol
2. Procès-verbal, t. XXXIV, p.303. Noter qu’au procès des hébertistes, le tribunal révolutionnaire a reproché à Desfieux les tentatives de réconciliation entre Dumouriez et les Jacobins auxquelles s'était associé Jeanbon, mais le nom de Jeanbon n’a pas été prononcé (Buchez et Roux, t. XXXIT, p. 383). Au procès des Dantonistes, Lacroix, commissaire du pouvoir exécutif, inculpé sur sa mission dans le Midi, déclare que ses pouvoirs étaient signés « de Jeanbon, Thuriot et autres » (Ibid., t. XXXII, p. 278). Le mot de Jeanbon « si j'avais été là », est du 4 germinal
- an II (Moniteur, t. XXIV, p. 59). Pour la substitution de commissions exécutives
aux ministères, voy. Procès-verbal, t. XXXIV, pp. 333-339. C'est le 6 germinal que Jeanbon adresse les félicitations du district de Brest à la Convention (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. XII, p.196. Voy. aussi Procés-verbal, t. XXXIV, p. 309, 312.
3. Procès-verbal, t. XXX V, p. 316. Les bureaux ont depuis lors à leur tête, Chapatte, chef provisoire de la 1re et de la 4e divisions et chef par intérim de la &, Cottrau et Jamin, chefs provisoires de la 3, Boncourt et Bourdon, sous-chefs provisoires à la 5°, Jance, chef provisoire à la 6°, T'ouroute (ou Touroude), chef provisoire au secrétariat. Il n’y a d'autre adjoint que David (Aëmanach national de l’an 111). L'administration des colonies reste annexée à la marine (arrêté du Comité de Salut public, 21 floréal, AFu° 138). Voy. aussi BB3 59, fol. 19.
qu’il faut discuter. Le 13 germinal (2 avril), à Perpignan, fut condamné à mort Ramel, son ancien rival dans le Lot. Au dire des siens, Ramel périt victime de la haine de Saint-André. Il était général de brigade à l’armée des Pyrénées-Orientales : ayant repoussé brillamment du fort de Collioure « une attaque des Espagnols, sans être revêtu de son uniforme de général, c'en fut assez pour le perdre. Accusé devant deux tribunaux, Ramel fut deux fois renvoyé, mais sa tête fut abandonnée par un troisième formé de juges choisis ! ». Telle est la version donnée par la famille de Ramel. Le dossier du général au ministère de la guerre démontre que ses parents n'étaient guère au courant des faits les plus essentiels de sa vie, car ils sont les premiers à le confondre avec ses frères ?. Mais il est cer-. tain que Jeanbon avait conservé vis-à-vis de Ramel de la rancune, de la haine à la suite des élections à l’Assemblée Législative dans le collège électoral du ni en 1791. A-t-il poussé la malveillance jusqu’au crime ? :
Le 24 septembre 1792, Fabre d'Églantine accuse dans la Convention Ramel d’avoir formé dans les départements du Midi une légion contre-révolutionnaire, la légion dite des Pyrénées décrétée le 16 du même mois pour aider à la défense de la frontière. Ramel est lieutenant-colonel de cette troupe *. Avant de prendre possession de son grade, Ramel, nous l’avons dit, a exercé à Cahors la présidence du club modéré, « la Société des défenseurs de la liberté et de l’égalilé de Cahors », qui était en querelle avec « la Société patriotique séante au collège » ou club démocrate, et le club de Montauban a pris parti naturellement pour cette dernière Société. Le club de Montauban demande aux Jacobins de Paris ce qu’il y a de vrai dans la dénonciation de Fabre, les engage à s'adresser à Jeanbon pour s'édifier sur le compte de Ramel, puis envoie à ce dernier, le 13 novembre 1792, une lettre qui se termine par ces mots : « Sors, traître, du sein d’une Société patriotique, ce n’est pas là ta place, elle est à l’armée contre-révolutionnaire “. » Sur ces entrefaites, la commission des Douze, chargée de l'examen des papiers trouvés aux Tuileries, fait décréter d'accusation Dufresne Saint-Léon, commissaire à la liquidation, sur le vu de pièces d’après lesquelles il aurait acheté pour le compte du roi seize des députés de la Législative, membres du Comité des liquidations de cette assemblée ; l'arrestation de ces députés est aussi ordonnée *, Ramel est du nombre. Le 17 décembre 1792, le
1. Mémorial historique, collection Greil à Cahors. Sur toute cette affaire nous devons des renseignements et mille remerciements à M. Baïlz, sous-archiviste des Pyrénées-Orientales, et à M. l’abbé Torreilles, professeur au Séminaire de Perpignan, auteur d'importants travaux sur la Révolution dans les Pyrénées-Orientales.
2. Communiqué par M. Kuscinsky, Ramel s’y donne des services militaires antérieurs à la Révolution, ce qui est douteux.
3. Moniteur, t. XIV, p. 35. Dossier Ramel. Carnot a bonne opinion de cette légion (Correspondance générale de Garnot, édit. Charavay, t. I, p. 192.
4. Reg. B. de correspondance du club. Arch. commun. Montauban, 21 et 31 octobre, 18 novembre 1792. Correspondance des Jacobins, n° 125. Voy. ch: 1v, pp. 189 à 191.