LES PRISES PLEUVENT DANS LA RADE DE BREST
(20 avril), annonçait qu’on allait bientôt sonner contre les Anglais l’abordage !. Cornic demeurait à Port-Malo avec le titre de commandant des forces navales de la Manche. La destitution de Rossignol arrêtée, nous l'avons vu, dans le courant de ventôse, et prononcée le 8 floréal ne changea rien au projet ?. Enfin, le 13 floréal (2 mai), le Comité prend un arrêté pour concentrer nos forces navales, d’une part à Brest comme l’a demandé Jeanbon, d’autre part à Port-Malo et Cherbourg en vue de l'expédition. Ordre est en effet donné de réunir : 1° à Brest toutes les frégates et bâtiments légers qui se trouvent dans les ports du golfe de Gascogne et sur les côtes; 2° à Cherbourg et Port-Malo les frégates qui sont dans la Manche, exception faite pour les seize bâtiments de protection des convois ; 3° à Cherbourg, avec injonction de les tenir prêts, tous les transports destinés à embarquer des troupes, de Boulogne à Cherbourg *. Cette obslination du Comité à maintenir divisées nos forces navales était bien fâcheuse.
Cependant Jeanbon surveillait le fonctionnement de la chaîne de protection constituée par les frégates de Saintes à Bayonne le long de la côte ‘. L'expédition de Leissègues était partie de Rochefort. Un bâtiment avait été envoyé à Saint-Domingue, porteur du décret d’arrestation contre Polverel et Sonthonnax ‘. Les croisières précédemment établies avaient ramassé quantité de navires de commerce ennemis. Deux autres croisières étaient en chasse : la frégate Za Bellonne et la corvette le Furet entre le cap Lizard et les Sorlingues, les cutlers le Courrier et la Surprise sur les côtes d'Angleterre 5, et Jeanbon écrivait à Billaud, le 9 floréal : « Les prises pleuvent dans la rade de Brest ». La frégate Za Tarmise notamment avait capturé un