BB 61, fol. 63, 74 ; BB3 51, fol
2. AFur 102, 296, Dxvi, n° 1; Reg. II d’arrêtés des Représentants du peuple, Arch. commun. Brest : 29 germinal, 9 floréal, lettres de Saint-André, Arch. commun. Brest.
3. AFn 296, [Le Reg. d’arrêtés des Représentants du peuple ; ou bien il réquisitionne pour ces ports en Bretagne (arrêté du 27 floréal, pour nourrir Bordeaux affamé AFu 296). ;
nourris par l’État, sous la surveillance d’un tribunal révolutionnaire et de deux Représentants du peuple !.
Ainsi, comme l'avait demandé Jeanbon au cours de sa première mission, il se fait dans les départements bretons et sur les côtes de l'Océan une circulation incessante parlant de Brest et y revenant. Brest recoit de tous côtés ce qui est nécessaire à sa marine, et sa marine lui procure des ressources qu’il expédie de tous côtés. C'est vraiment le cœur d’un organisme nouveau. Jeanbon constate « l’'immensité des ressources dont nous sommes redevables à nos ennemis ; sans eux, écrit-il au Comité de Salut public, vous n’auriez pu ni nourrir vos ouvriers, ni approvisionner notre armée ?. » Pour la flotte de Brest travaillent les petites villes bretonnes et toutes les rades de l'Atlantique et de. la Manche, la flotte de Brest les aide à vivre les unes et les autres. el les sauve de la disette.
Le gouvernement à la voix duquel toute cette population peine et s’exalte, se résume dans un seul homme, le Représentant du peuple Jeanbon Saint-André, assisté du gouvernement central, c’est-à-dire du Comité de Salut public et de Dalbarade, aidé à Brest de quelques agents principaux : les deux Verteuil, Ragmey, Sané, Villaret- Joyeuse et d’une poignée de clubistes, soutenu à Lorient ainsi que dans le reste du Finistère, du Morbihan, et dans les Côtes-du-Nord par la minorité des démocrates, dans les autres ports par les Représentants du peuple qui sy trouvent en mission, surtout à Rochefort par Guezno et Topsent qui méritent pleinement de lui être associés. Ce qui fait la force de Jeanbon et du petit groupe qui l’assiste, c’est leur étroite solidarité. Jeanbon et les deux Verteuil, Sané, Villaret- Joyeuse sont unis d'une véritable amitié, amitié qui n’est pas l’effet de la Terreur chez le grand ingénieur et le contre-amiral d’origine nobiliaire, car ils lui demeureront fidèles alors même qu’au lieu de leur être une sauvegarde elle leur deviendra dangereuse au temps de la réaction thermidorienne *. Les clubistes se jalousent, jalousent Sané, Villaret et Saint-André, mais disciplinés par le Représentant ils demeurent soumis, cachent à la foule leurs sentiments réels “.
De même, Jeanbon et les démocrates brestois sont étroitement unis avec les révolutionnaires de Paris. Jeanbon se soumet absolumentaux vues du Comité de Salut public, et le Comité pas plus que lui ne sépare la réorganisation de la marine et la pratique de la Terreur : « Continue avec ton zèle ordinaire de faire faire les travaux maritimes et fais punir les ennemis de la République », écrit
1. 19,000 bouches à nourrir au 17 prairial (BB? 17, fol. 31). Qu'on se reporte à ce que Jullien dit de Rochefort, colonie révolutionnaire (ch. xnt, p.545).
2. Jeanbon au Comité de Salut public, 22 floréal (BB? 61, fol. 43).
3. Voy. la suite, et au ch. xx1 les lettres du 29 vendémiaire, du 2 et 17 brumaire, 3 frimaire, .an III, de Verteuil et de Sané à Jeanbon à Toulon (arch. commun., Toulon, série D).
4. Lettres de Tempié 19 et 21 ventôse, 3 germinal à Dalbarade (BB* 51 fol. 455, 457, 459).
le Comité de Salut public à Saint-André !. Le Comité de Salut public dans les premiers jours de ventôse laisse en apparence toute latitude aux hébertistes, Jeanbon coiffe à Brest le bonnet rouge, se montre les bras nus, sacre et jure ?. Le Comité de Salut public frappe les hébertistes, Jeanbon ne discute pas car il juge infaillibles le Comité de Salut public et la Convention, s'ils ont découvert que les hébertistes étaient des traîtres Jeanbon les croit et les félicite d’avoir échappé à ce nouveau piège *. Le Comité de Salut public et la Convention frappent les Dantouistes, Jeanbon le déplore en lui-même, mais ne manifeste rien. S'il fait des réserves sur la politique du Comité il ne s’en ouvre qu’à quelques intimes *. Pareillement, quand le Représentant juge défectueux les projets du Comité de Salut public relatifs à la marine, il lui montre clairement sa facon de penser, mais n’en laisse rien voir au personnel de la marine ÿ. Ses collègues du Comité et lui-même se sentent absolument solidaires, Collot d'Herbois le dit aux Jacobins le 16 ventôse 5, Barère va l’écrire à Jeanbon comme suprême avertissement à l'heure de la sortie de l’escadre. Ainsi que par le passé Jeanbon n'a d'intimité qu'avec Barère, il le plaisante : «Je n’ose pas te proposer de descendre un instant de la sublime hauteur de tes fonctions pour te demander deux mots d'amitié. Cependant on a des moments dans la vie.» Il a même pour Barère des facéties qui nous déconcertent, nous qui sommes si éloignés du fanatisme de cette époque étrange, « je t'envoie, écrit-il à son collègue, pour tes menus plaisirs une liste espagnole des députés qui ont voté la mort de leur « innocente Soberano ? ». Mais avec tout le reste du Comité Jeanbon est en parfaite communauté de sentiments. Ils sont tous unis dans une entreprise surhumaine pour triompher ou périr. Le tribunal révolutionnaire de Brest correspond avec celui de Paris *, et la Société populaire de Brest avec les Jacobins. Ceux des clubistes qui sont officiers de marine écrivent à leurs amis dans les bureaux ministériels, leur recommandent des parents, des coreligionnaires politiques en fonctions dans les autres ports, soit pour de bonnes places, soit pour les faire venir à Brest où ils renforceront le