‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 633 sur 889 · DERNIERS PRÉPARATIFS DE SORTIE DE LA FLOTTE · texte numérisé non relu

DERNIERS PRÉPARATIFS DE SORTIE DE LA FLOTTE

ramènerait l’escadre, et il prit des mesures pour la réparer promptement à sa rentrée ‘. En prévision de troubles et d’agitations contrerévolutionnaires toujours possibles, il fit venir des troupes à Brest et Lorient *. 11 voulut perfectionner l’organisation du tribunal révo-

Jutionnaire en augmentant le nombre des juges, et « vu la difi-

culté de trouver des hommes dignes de siéger » avec les magistrats déjà en fonctions, il autorisa le tribunal à « faire remplir les

fonctions de juge par les substituts de laccusateur public dans

les causes où ils ne porteront pas la parole ». De plus, n’ayant personne à qui confier la surveillance de Brest, le Représentant déclara le 18 floréal se reposer « sur la vigilance et la fermeté du tribunal révolutionnaire », et donna pouvoir à l’accusateur public de requérir la force armée « toutes les fois qu’il le jugera nécessaire pour le service du tribunal et le libre exercice de la justice * ». Ces deux décisions étaient également fâcheuses, bien que la seconde trouve son explication dans ce fait qu’en l'absence du Représentant le tribunal demeurerait dans Brest le seul pouvoir muni de l'investiture du Comité de Salut public. Mais ceux qui ont fait un crime à Saint-André du dernier de ces deux arrêtés se sont bien gardés de dire qu’il ne reçut point d'exécution, Prieur étant arrivé à Brest sur ces entrefaites ; ils n'ont pas dit non plus que Jeanbon prit en même temps un autre arrêté qui soumit à la revision du parquet du tribunal toutes les arrestations opérées à Lorient et dans les trois départements de son ressort, « considérant, qu'il a été fait et se fait chaque jour une multitude d’arrestations sur prétexte de faits qui par leur nature ne pouvant motiver d'accusation peuvent être jugés par le Représentant du peuple », que le Représentant part sur la flotte, « que cependant l'humanité et la justice commandent impérieusement de rendre la liberté à quiconque en est privé injustement * ». En annonçant cet arrêté au Comité de Surveillance de Lorient, Jeanbon lui écrivait : la sévérité des principes du tribunal « m'assure d'avance qu’il déjouera les projets des malveillants sous quelques formes qu’ils soient, et surtout les abus d’autorité qui pourraient se commeltre sous les noms sacrés de la loi et du patriotisme ».

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