DAT VENT OR, JUS
ha usa aires
hé A
st de
da at
Tiphaigne ou Tiphaine, sous-lieutenant du 1e mai 1786, lieutenant de 3° classe sur la liste de 1791, déjà capitaine commandant un vaisseau dans la flotte de Morard de Galles; Desmartis, ancien officier du commerce ; Gantheaume, marin du commerce, officier auxiliaire dans - la guerre d'Amérique, sous-lieutenant du 1° mai 1786, rentré depuis -au commerce, ramené par la Révolution sur les bâtiments de l'État, lieutenant en 1793, nommé capitaine commandant le Mont-Blane au port de Rochefort en germinal ‘; Alary, lieutenant du 127 mai 1786 et chevalier de Saint-Louis, lieutenant de 2e classe en 1791, revenu de l'Ile-de-France comme capitaine commandant une frégate au début de 1794, nommé par Jeanbon commandant d’un vaisseau le 14 floréal; Longer, sous-lieutenant du 1°" mai 1786, puis lieutenant, nommé par Jeanbon capitaine commandant le vaisseau le Républicain le
8 ventôse, Huguet, ex-officier du commerce, enseigne non entretenu, promu par Jeanbon capitaine commandant un vaisseau; Berrade, ancien capitaine au long cours ?.
Comme on le voit, cette flotte constiluée et réunie sous les yeux du délégué du Comité de Salut public, disciplinée suivant ses instruc- tions et animée de sa passion révolutionnaire, groupée sous sa direc-
tion et sous celle du chef qu’il avait choisi, voguant sous le pavillon qu'il avait fait décréter * et autour de ce vaisseau-amiral au nom significatif /« Montagne, cette flotte où la plupart des vaisseaux portaient aussi des noms révolulionnaires, que commandaient des états-majors d'anciens sous-lieutenants et d'officiers du commerce poussés par la Révolution, que montaient des équipages en carmagnole et bonnet rouge, cette flotte apparaissait bien comme la création de Saint-André *. Cependant, quelques-uns des vaisseaux ainsi
1, Ou Ganteaume, né en 1755 à la Ciotat, prend part en l'an III aux combats de l'escadre Martin dans la Méditerranée, échappe au désastre d’Aboukir, contre-amiral ramène Bonaparte en France, vice-amiral en 1804, commande l’armée navale de Toulon en 1809, rallié à la Restauration, mort comte en 1818. Il sera célèbre sous le Directoire et l'Empire pour son habileté à faire des croisières en esquivant la poursuite des Anglais (Gloires marttimes).
2. Citons encore L'Hermitte, commandant la frégate la Tumise, volontaire en 1780, rentré au commerce après la guerre d'Amérique, baron et contre-amiral en 1807, retraité comme vice-amiral en 1816, mort en 1826, après une belle carrière (Gloires maritimes), à prairial il va faire des fautes; Cornic, sous-lieutenant du 17 mai 1786 et fils de l’amiral, commandant la frégate La Seine; Canon, commandant la corvette la Gentille « plein de feu, d'activité et d'intelligence », d’après Villaret (BB‘* 37, fol. 174), Duras le qualifie de « bon et brave bougre » (BB* 37, fol. 312). Ont figuré à prairial Gicquel des Touches, mousse sur la Gentille, plus tard capitaine de vaisseau, Du Campe de Rosamel, aspirant sur la Convention, mort vice-amiral, Troude, lieutenant sur l’Éole, mort contre-amiral (Gloires maritimes).
3. Ilsemblerait que tous les vaisseaux n'avaient pas encore le pavillon décrété le 27 pluviôse : d’après une lettre du 25 prairial de la Commission de la marine (l’ancien ministère) à celle du commerce, on a manqué d’étamine (BB? 17, fol. 32).
4. Le prince de Joinville assure (Vieux Souvenirs, p. 37), d’après les souvenirs d’un charpentier de marine et de Dupaty, que Jeanbon « avait fait dresser une guillotine à bord de chaque vaisseau ». On sait ce que vaut le témoignage de Dupaty, nous n'avons vu nulle part trace de ce fait, et les thermidoriens qui n’auraient pas manqué de l’exploiter contre Jeanbon n’en disent rien.
que leurs équipages et états-majors venaient de Rochefort, et quinze seulement des capitaines sur vingt-cinq devaient leur nomination au Représentant ‘.
Composée de bâtiments appartenant à peu près tous au même type : 74 ou 80 canons, renforcée de quatre trois-points, guidée par
une seule volonté : celle de Jeanbon et Villaret si étroitement unis |
qu’il sera impossible de démêler la responsabilité de chacun d'eux, celte flotte présentait belle apparence. Néanmoins, et quoiqu’on en dise, elle n’inspirait pas au Représentant du peuple et au Comité de Salut public, une absolue confiance. Les appréhensions de Jeanbon se révèlent dans les arrêtés rigoureux qu’il avait rédigés avant le départ comme avertissements aux capitaines et dans sa correspondance avec le Comilé. Elles allaient être bientôt justifiées ?.
La mission de Villaret était fort difficile. Il avait ordre de se réunir à Van Stabel, et le lieu de rendez-vous était, non pas aux Acores, comme on l'a écrit d’après un arrêté du Comité de Salut public déjà mentionné et qui ne reçut pas d'exécution *, mais par 47 et 48° de latitude nord, 15° de longitude ouest, c'est-à-dire à la hauteur du littoral français entre la baie d’Audierne et Noirmoutiers, et à l’ouest d’une ligne de Valentia au cap Finistère. Mais l’amiral avait aussi à rallier la division de Nielly, précédemment expédiée en ce point de croisière avec cinq vaisseaux pour y attendre Van Stabel, et qui peut-être ne l’avait pas encore rejoint. Il lui fallait aussi se réunir aux six vaisseaux que devait amener de Cancale le capitaine Doré remplaçant l'amiral Cornic.
Pour effectuer ces trois opérations, Villaret était obligé de compter avec l’armée navale d'Angleterre. Celle-ci, commandée par Howe, était, d’après les renseignements, en croisière de l’île de Batz au golfe de Gascogne. Elle interceptait donc la route de Cancale à Brest que devait suivre Doré, et en même temps elle barrait l'accès de nos côtes au convoi d'Amérique. En réalité, nous l’avons dit, c'était une division détachée, celle du contre-amiral Montagu, qui coupait la route de Doré par une croisière de Batz à Ouessant ; le gros de la flotte anglaise courait des Sorlingues au cap Finistère, et en ce dernier
1. Ou avaient été maintenus par Jeanbon- lors de l'épuration de l’escadre Morard
de Galles. Ce sont : Alary, Tardy, L'Héritier, Morel, Le Ray, Larreguy, Keranguen,.
Langlois, d’Ordelin, Basire, de la Villegris, Le Francq, Tiphaigne, Longer, Huguet.
8. MM. Chevalier et Maurice Loir (op. cit.) pensent que Jeanbon jugeait sa flotte invincible, or, la lettre qu'il écrit au Comité de Salut publie le 27 floréal, l'arrêté qu’il a pris le 21 floréal démontrent le contraire.
3. C’est l'arrêté du 19 pluviôse mentionné au ch. xvi, p. 685 et pris dans l'éventualité du retour du convoi en deux portions. Le capitaine Troude qui relève cette erreur, en commet une autre : « Ce n’était pas, dit il, aux Açores qu'était le rendez-vous, mais on s'y portait pour manœuvrer en attendant l’époque présumée du passage du convoi » (observations mss., Biblioth. du Port de Brest); or, aucun document ne montre qu'on s’y soit porté. Le lieu de rendez-vous marqué à Nielly par l'arrêté du 6 pluviôse est par 47°-48° latitude, 15° longitude, de plus durant la croisière le commandant d'armes à Brest, Vautier, écrit que Villaret doit se trouver par 470-48 latit., 15° long. (BB* 59, fol. 68), et le récit de la croisière le démontrera.
Linie” . REUT i nations tits Lies À FA es CL tn
point elle se reliait à une croisière espagnole. Le Comité de Salut public, par un arrêté du 25 floréal, venait d’ordonner au capitaine de vaisseau Thévenard commandant la division de deux vaisseaux rasés et deux frégates mouillée à Cancale, d’aller faire une diversion dans la croisière anglaise de l’île de Batz de façon à l’entraîner vers Cancale à sa poursuite ‘. Mais en admettant que Thévenard effectuât de suite ce mouvement et avec un plein succès, Howe n’en demeurait pas moins sur nos atterrages d'Ouessant à la côte d'Espagne, et Villaret n'avait guère chance d’opérer sa jonction avec ses deux lieutenants sans voir accourir l'amiral anglais.
Ajoutons que le problème était compliqué pour les ee en présence par l'obscurité des données, c’est-à-dire par l'ignorance où ils étaient de la marche de Van Stabel et de leurs mouvements respeclifs. Ni Villaret ni Howe ne savaient à quelle date exacte le convoi était parti d'Amérique, et par suite où il pouvait se trouver à la fin de floréal. De son côté, Van Stabel n’avait pas été rejoint par /’Atalante et Linois, il n’avait donc pas appris la présence de Nielly entre 47° et 48 de latit. Nord et par 15° de long. Ouest. Villaret ignorait à quel moment Doré serait prêt à le joindre. Howe, d'autre part, n'eut pas, durant plusieurs jours, connaissance de la sortie de Villaret. Si l’on ajoute tous les aléas de la navigation à la mer : la brume, les changements de vent, etc., si l'on réfléchit qu’à notre époque où la vapeur a annulé les caprices du vent et diminué les distances, où les moyens d'information sont devenus (rès rapides, il arrive cependant que des escadres ennemies se cherchent inutilement, on comprendra toutes les difficultés de la partie qu’allaient engager les flottes des belligérants, et quel rôle était laissé au hasard.
Une bataille n’était pas certaine, car le Comité de Salut public l’avail défendue à Villaret, sauf dans le cas d’absolue nécessité. Mais, de la sorte, le Comité privait Villaret de la liberté de ses mouvements. Il ne songeait pas que, si l'ennemi cherchait à engager une action, il faudrait à notre flotte, pour se dérober, une agilité, une dextérité dans la manœuvre, plus difficiles à obtenir de capitaines inexpérimentés qu'une audacieuse offensive, et aussi un calme, un sang-froid qui ne pouvaient guère se rencontrer chez des équipages et des oficiers surexcités jusqu’à la fureur depuis des mois contre les insulaires britanniques ?.
1. Dalbarade à Thévenard, 26 floréal (AF17 297, dossier Le Carpentier).
2. Sous l’ancien régime, il était prescrit de « ne commencer le feu qu’au signal du général, se présenter à l'ennemi sous petite voilure, faire devant lui le moins de mouvements possible, naviguer en rangs serrés, ne canonner qu'à très petite portée, tirer lentement sans précipitation » (Maurice Loir, Lamarine royale en 1789, p. 265). Les marins de l’escadre Villaret n’observeront pas assez ces prescriptions.
804 LA CROISIÈRE DE PRAIRIAL AN îf