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Comme la plupart des matelots et officiers, comme plusieurs des capitaines eux-mêmes naviguaient pour la première fois en escadre, Villaret avait ordre de transformer sa marche en école d’évolutions.
Le 27 floréal au soir, la flotte une fois sortie du goulet de Brest, l'amiral signala aux bâtiments de se former sur trois colonnes, et cette formation ne se fit que péniblement, ce qui était de fâcheux augure. Deux bâtiments légers furent envoyés au rendez-vous assigné à Van Stabel el Nielly pour voir si l’armée anglaise ne s’y trouvait point. La flotie courut au nord-ouest vers le 49% de lalitude, commençant ainsi sa croisière, La brume fit son apparition dans la nuit, et elle persista, sauf quelques heures, durant toute la journée du 28. Naviguant dans le nuage, les vaisseaux se dispersèrent, au signal de Villaret de rallier leur colonne respective ils n’obéirent qu'avec gaucherie, et les trois colonnes ne furent bien reformées qu’au soir. Le 29, les frégates chassant en avant rencontrèrent un brick, c'était une prise faite en cours de route par l’aviso le Papillon expédié de la baie de Chesapeak. Van Stabel l'avait envoyé le 17 germinal en France pour annoncer le départ du convoi sous trois ou quatre jours. Le Papillon, ce même jour 29 floréal, arrivait à Brest ! d’où Prieur le réexpédia aussitôt à Jeanbon, mais la rencontre de sa prise par l’armée navale donnait à celle-ci les renseignements dont il élait porteur.
D'après ces nouvelles, Villaret et Jeanbon calculèrent que le convoi. ne paraîtrait pas avant quelques jours, et que la jonction de Van Stabel et Nielly n'avait pas eu lieu mais ne pouvait tarder. Saint- André en conclut que « le général devait continuer sa-route pour se réunir lui-même à Nielly sans se laisser détourner par aucun objet ». Puis, « réfléchissant que la division de Cancale n’était pas prête à appareiller lorsque nous sortîmes de Brest, qu'au moment où elle arrivérait dans cette dernière rade nous aurions probablement rallié Nielly et peut-être même Van Stabel, que dans celte hypothèse nous ferions route pour Belle-Isle ou l’île d’ Yeu pour mettre le convoi en sûreté, que par conséquent, la division de Cancale ne nous trouve- : rait pas en suivant la route que nous faisions, et que par ces motifs il était prudent de ne pas lui ordonner de joindre avant d’avoir un point précis de jonction à lui indiquer »,Jeanbon chargea le capitaine de la prise des instructions suivantes pour Prieur de la Marne : « Si la division de Cancale arrive dans les huit jours à compter de celui de notre départ, tu lui donneras ordre de venir nous rejoindre avec le Caton et. le Majestueux s'il était prêt..... Si cette
1. Rapport du lieutenant Siméon, commandant le Papillon. Brest, 29 floréal (AFn 102); Van Stabel à Dalbarade, Hampton, 16 germinal (AFu 294); Prieur au Comité de Salut public, Brest, 30 floréal (AF1r 294).