Rouvier, p
croisière. Si Jeanbon écrit au Comité : « L'armée est bien disposée, le
service s'y fait bien, quelques officiers manquent d'instruction, je n'en connais pas qui manque de bonne volonté, » à Prieur il cache moins la vérité : « il y a beaucoup d’ardeur dans l'armée, de l'instruction chez plusieurs capitaines, mais il en est trois ou quatre dont l'ignorance est vraiment au-dessus de ce que l’on pourrait en dire » ! Effectivement, à cette même date il consignait sur son Journal de nouvelles fautes dans la marche de la flolte, par une mer pourtant très belle et un temps favorable.
Les deux lettres parvinrent à destination. Toutefois Prieur n’envoya à son collègue aucune frégate, il n’en avait guère de disponibles et
les abords de Brest étaient si mal gardés faute de bâtiments de ce
type, que deux courriers expédiés à l’armée navale furent enlevés par les Anglais, l’un le 6 prairial, l’autre probablement le 7, et celuilà au sortir du goulet ?. Le premier portait vraisemblablement à Jean-
bon deux arrêtés du Comité de Salut public du 25 floréal qui lui
ordonnaient d’expédier des bâtiments légers pour un coup de main sur le banc de Terre-Neuve et pour une croisière dans les mers d'Allemagne, après qu’il aurait mis le convoi en sûreté par sa jonction avec Nielly et Doré; un autre arrêlé, du 25 floréal également, faisait, croyons-nous, part au Représentant de la diversion prescrite à Thévenard *. L’aviso capturé au sortir de Brest portait, semble-t-il, une dépêche où Prieur exprimait à son collègue son étonnement de la lenteur que mettait Cornic à faire partir Doré “*. Les deux courriers d’ailleurs jetèrent leurs dépêches à la mer. Peut-être les navires qui les arrétèrent appartenaient-ils à la division Montagu, qui continuait à monter obstinément sa faction entre Batz et Ouessant tandis que Thévenard et Doré demeuraient à Cancale mettant chaque jour de nouveaux malades aux hôpitaux.
Le 5 prairial au soir, Jeanbon et Villaret apprirent l'existence de la croisière espagnole sur le cap Finistère. IIS conjecturèrent que Howe était descendu la rallier dans le golfe de Gascogne, puis était remonté avec elle sur Ouessant. Le 6, la présence de navires de guerre anglais près de eette île leur fut confirmée par un bâliment neutre. Le 7, Jeanbon dut répéter dans son Journal ses précédentes observa-
tions sur l’impéritie de plusieurs officiers : « Au moment où le :
jour parut, le 7, les trois colonnes étaient mal formées, et en général