Journal de Jeanvon
- 2, Au Comité « En mer, 5 prairial. — Nous espérons être bientôt réunis au gé- . néral Nielly. Nous avons eu aujourd'hui de ses nouvelles par la frégate la Galathée,
qui l'a laissé hier au soir ayant reçu l’ordre d’escorter dix bâtiments pris par sa division. La disette où nous sommes de bonnes frégates m'a fait changer cette disposition. Je retiens La Galathée, et je donne au convoi la frégate hollandaise {a Vigi- . lance, prise par l'armée, avec les deux corvettes la Société Don aiNe et La Diligente.
J'avais donné ordre d’expédier cinq ou six bâtiments de commerce ennemis arrêtés par nos frégates. Si j'avais prévu cette circonstance, je les aurais gardés pour les réunir au convoi. J'écris à mon collègue Prieur, et je le prie de nous envoyer toutes les fréêgates dont il pourra disposer. » Vient ensuite le passage que nous citons : « Le service de l’armée », etc., puis « il faudrait au moins quinze ou vingt frégates à une armée comme la nôtre. Les petites corvettes n’y suppléent pas, elles marchent toutes fort mal, et il faut que les gros vaisseaux, même les plus mauvais voiliers, les attendent.
L'armée est bien disposée, le service s’y fait bien, quelques officiers manquent d'instruction, je n’en connais pas qui manque de bonne volonté. Nous n’avons encore rien appris du convoi, ni de l’amiral Montagu que nous savons croiser dans ces mers avec six vaisseaux ainsi que vous avez pu le voir par les lettres anglaises trouvées à bord du Maire Guiton. Veuillez recommander que la chaîne de frégates sur nos côtes se fasse avec la plus rigoureuse exactitude » (collection Maurice Loir).