‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 65 sur 889 · Taine, Révolution, t. I, p · texte numérisé non relu

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4. Nous ne donnerons de références que pour les faits empruntés à d’autres sources.

5. Jacquerie d'autant plus violente que, « dans le Quercy, la féodalité tenta de survivre à la nuit du 4 août » (Aulard, Hist. générale, 1. VIII, p. 22). Elle fut l’objet d’un rapport à la Constituante par l’abhé Grégoire au nom du Comité des rapports, le 9 février 1790. Ses excès furent exploités par la réaction (Journal national, n° 30).

6. A Montauban, en 1785, à la place du régiment de Cambresis, et de nouveau en

1788 (Arch. commun. ; général Susane, Hist. de l’infanterie française, 5 vol. in-8,.

Paris, 1876, t. IV, p. 364).

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maintenir dans l'isolement et en avoir facilement raison; le 3 avril, elle abandonnaïit ce plan, car ses griefs contre les fédérations ne tenaient pas debout. Elle trouva mieux : le 6 avril, elle décidait la formation d’un quatrième bataillon, et en prenait les cadres parmi les chefs de la troupe de volontaires armée au mois de février !. C'était inverse de ce qui se passait à Nîmes, où, en octobre 1789, des compagnies catholiques s'étaient imposées à la garde nationale, puis en mars 1790, avaient fait nommer une municipalité notoirement réactionnaire; mais le bénéfice pour la contre-révolution devait être le même. e

De telles manœuvres ne pouvaient ramener le calme dans Montauban, la population se divisait, prenait parti pour ou contre la municipalité, des réunions avaient lieu, des pétitions circulaient. Sur celte agitation vinrent lomber comme de l'huile sur le feu les nouvelles de Paris : le décret du 5 février 1790 qui réduisait le nombre des congrégations religieuses, celui du 17 mars qui vendait aux municipalités les quatre cents millions de biens ecclésiastiques dont l’aliénation avait été votée antérieurement, le rejel le 13 avril par l’'Assemblée de la motion de Dom Gerle demandant que la religion catholique romaine fût déclarée religion de l’État, et la protestation du 19 avril contre ce rejet, signée par la minorité des députés parmi lesquels l’évêque de Montauban ; le 15 mars d’autre part, Rabaut Saint- Étienne était nommé président de l’Assemblée à la grande consternation des fanatiques ?.L’effervescence à Montauban devintextrême, des réunions eurent lieu, le 23 et le 30 mars, contre le décret du 5 février, le 23 et le 27 avril contre le vote de la Constituante sur la motion deDom Gerle, et le 29 avril des prières de quarante heures furent ordonnées par les vicaires généraux. Les libelles se multiplièrent contre les protestants accusés de tout envahir et de vouloir tout diriger ?, Le décret du 5 février augmentail le chômage, car le clergé régulier s’habillait des étoffes de laine blanche et noire de Montauban, on accusa les industriels protestants d’affamer de propos délibéré les ouvriers catholiques, et ostensiblement on organisa pour ceux-ci des ateliers de charité. Rabaut Saint-Étienne entretenait avec Jeanbon ou Fonfrède-Robert une correspondance ‘, sans doute la continuation de

1. Recruté, en outre, parmi les pauvres (Jownal de Bordeaux du 9 juin 1790, Biblioth. commun. Bordeaux).

2. Avis auæ citoyens de Montauban par un patriote toulousain. Cette nouvelle attisa d'autre part les colères à Nimes.

3. « Les nobles et les prêtres persuadaient au peuple que c'étaient les protestants qui voulaient tout envahir en s’emparant non seulement des dignités, mais encore des couvents pour les ateliers et des églises pour les temples » (Détail circonstancié de ce qui s’est passé à Montauban).

4. &« Ne vous avait-on pas dit que les protestants étaient la cause de tout, que l’ASsemblée nationale était calviniste, qu’un ministre qui y avait présidé donnait à sa secte la plus grande influence et dirigeait tout par ses correspondances avec d’autres ministres que vous aviez parmi vous? » Comme le collègue de Jeanbon, Fonfrède, fut beaucoup moins inquiété que lui par les fanatiques, et que Jeanbon était en relations avec Saint-Étienne, il s’agit plutôt de lui.

celle qu’il avait eue avec Jeanbon du temps où celui-ci était à Castres, on en conclut qu’ils complotaient contre les catholiques, on ressuscita même les imaginations des furieux du xvr° siècle et l’on accusa les réformés de préparer un massacre. Et de tout le Midi, comme autant de rumeurs sinistres, arrivaient les nouvelles des préparatifs d’une nonvelle guerre de religion : à Nîmes, rixes entre protestants et catholiques le 29 mars et le 6 avril !, attaques lancées en chaire contre les protestants à Montpellier ?, réunions pour appuyer la motion de Dom Gerle le 18 avril à Castres *, d’autres à Moissac #, à Toulouse, à Cahors *. Dans cette dernière ville, la municipalité, effrayée des suites possibles de pareil déchaînement, intervint et. défendit ces assemblées. Celle de Montauban laissa faire avec un aveuglement bien voisin de la complaisance. Les avis ne lui manquaient pourtant pas, la garde nationale ramassait les pamphlets La nuit dans les rues et les lui portait f; Poncet-Delpech, avec qui le Comité patriotique entretenait auparavant une correspondance que la mumicipalité n'avait pas osé interrompre en prenant la suite des affaires, lui écrivait de Paris combien l’agitalion du clergé mettait la tranquillité nationale en péril ?, lui demandait s’il était vrai qu’il y eût un tel débordement d’injures à Montauban contre les réformés. De tout cela elle ne tint compte ; son imprimeur, le propriétaire du Journal national, laissait Poncet-Delpech y continuer le compte rendu des débats de l’Assemblée dans un esprit nettement révolutionnaire, mais faisait suivre ce compte rendu de notes à tendances toutes différentes ®, et déjà Poncet-Delpech, que les lettres insultantes venaient menacer jusque dans Paris, avait interrompu sa collaboration durant-quelques semaines *. Le 10 et le 12 mai, il prévenait encore la municipalité des

1. Rouvière, Histoire de la Révolution francaise dans le département du Gard. Nîmes, 1887, 4 vol. in-80, t. I, pp. 106-116. Un Précis historique sur les désordres arrivés à Nimes, annoté par Rabaut Saint-Étienne (Papiers Coquerel, Documents sur Rabaut Saint-Étienne, p. 203; Biblioth. du protest. français), dit qu’à Nîmes on a persuadé aux ouvriers que les négociants calvinistes voulaient leur refuser de l'ouvrage.

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