Reg. du Consistoire, n° 18, p
7. «Jeanbon Saint-André, bourgeois, 240 livres » (Recueil factice, Arch, commun.).
A partir du 1° février 1790 il est visible que tout se prépare à Montauban pour un conflit, et, vu l'importance des intérêts et la violence des passions en cause, pour un conflit sanglant. Il se produira effectivement le 10 mai. Nous n’avons pas à raconter la marche des événements par le détail, la littérature du sujet est considérable t, mais le meilleur guide à travers les assertions contradictoires des partis, c’est le rapport que fit Vieillard, au nom du Comité des rapports, à l’Assemblée nationale le 22 juillet 1790 ?. Nous ignorons si ce Comité mérite, en général, tout le mépris dont Taïine la accablé *, dans l'examen de l'affaire de Montauban il s’est montré consciencieux, impartial, notablement modéré, et dé l’aveu même de M. Em. Foreslié, l’érudit certes le plus compétent dans la question, le rapport de Vieillard est l'expression de la vérité. C’est, d’après lui surtout que nous allons résumer les faits “.
Ea réaction s'était saisie de la municipalité, mais il lui fallait la libre disposition de la force armée qui appartenait en propre à la commune, c’est-à-dire de la garde nationale, formée, nous l’avons dit, sous l'influence du Comité patriotique, et dont les trois bataillons étaient composés en majorité de protestants ou de révolutionnaires. La municipalité profita de l’effroyable jacquerie des paysans du Quercy à la fin de janvier et dans le mois de février *, pour laisser s'organiser une troupe de volontaires de nuance réactionnaire, et lorsque cette troupe eût réprimé les pillages, la municipalité tenta de l’assimiler à la garde nationale; sur les réclamations de celle-ci, le président de l'Assemblée nationale écrivil aux municipaux le 19 mars pour leur interdire l’exécution de ce projet. Battue de ce côté, la municipalité s’efforça d'empêcher les fédérations de la garde nationale avec celles des environs, avec celle de Bordeaux et avec le régiment de Languedoc qui tenait garnison à Montauban‘, pour la
1. Voy. Em. Forestié, Récit des troubles de Montauban. Bibliographie des écrits relatifs à cet événement, Montauban, 1883, in-12, Biblioth. nat., Lk7, no 23325. Nous renvoyons à ce travail très remarquable, bien que nous soyons, sur Pappréciar tion des faits, d’un avis tout opposé à celui de l’auteur.
2. « Rapport fait à l’Assemblée nationale dans la séance du 22 juillet 1790, au nom du Comité des rapports, sur les troubles survenus dans la ville de Montauban, par Pierre-Jacques Vieillard, député du département de la Manche, membre dudit Comité » (Paris, impr. nat., 1790, 79 p., in-8. Arch. parlement, t. XVII, p. 273).