‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 67 sur 889 · Journal national, nos · texte numérisé non relu

Journal national, nos

6. Premier reg. de délibérations de la municip., fol. 45 verso.

7.La municipalité nouvelle à Poncet-Delpech; 4 mars, Poncet à la municipalité, 16 et 28 mars (Arch. commun. AA, 6).

8. Dans le n° 39 du Journal national, où Poncet parle dans un esprit très libéral de la discussion sur la proposition de Dom Gerle de déclarer le catholicisme religion d'État, Teulières annonce la mise en vente de pamphlets réactionnaires. Éloigné de ses commettants, Poncet suit le courant des idées révolutionnaires, tandis que Teulières se laisse entraîner par la réaction locale.

9. Au n° 34 du Journal national (2° semaine de mars 1790), Poncet répond vertement à des lettres anonymes : « on me fait la grâce de mettre en doute si je ne suis pas soudoyé par des prétendus monstres qui me font agir », et il déclare cesser sa colla-

Le 10 mar 1790 6?

dangers que faisait naître le fanatisme croissant !, ses lettres arrivèrent trop tard, l'explosion avait eu lieu ?.

Malgré un décret du 30 avril défendant aux municipalités de modifier la composition des gardes nationales, la municipalité de Montauban avait ordonné, le 6 mai, à la sienne, de reconnaître le quatrième bataillon, « lou cardis », les chardonnerets, comme on les appelait à cause du passe-poil jaune de leur uniforme, et ce bataillon devait prendre son service le 10. L’agitation fut alors à son comble. Le 10 mai, date de la fête des Rogations, le pain manquait #, la municipalité, sans songer que choisir un tel jour c'était atliser les fureurs, se présenta dans les couvents des congrégalions supprimées pour faire l'inventaire du mobilier #: exaspération du peuple, les femmes s’entassent aux portes des communautés religieuses et en interdisent l'accès aux municipaux, une nouvelle assemblée de fanatiques a lieu aux Cordeliers, la maison de Dupuy-Montbrun, colonel de la garde nationale, est cernée * par une foule menaçante que les municipaux, revenus sur leurs pas sans avoir pénétré dans les couventis, parviennent à dissiper ; les protestants effrayés veulent se mettre sur la défensive, la compagnie de dragons se saisit du corps de garde de l'Hôtel de Ville, la populace qui était aux Cordeliers l’apprend et se porte en masse devant le corps de garde. Est-il vrai que les municipaux l'y aient conduite et aient guidé son attaque? Plus probablement, la collision fut fortuite : dans la rue étroite aboutissant à l'Hôtel de Ville © Ia multitude s’entassait hurlante, battant l'entrée du corps de garde, un coup de fusil part, tous croient que les dragons font feu, les derniers rangs, sans entendre raison, poussent les premiers, la

“folie du sang gagne, on arrache aux municipaux des armes qu’ils

boration qui lui fait perdre trop de temps. Au n°37, le 4 avril, il la reprend, parce que, dit-il, on a attribué à sa retraite un motif autre que la perte de temps.

1. Au n° 43 du Journal national, Poncet approuve l’interdiction par la municipalité de Cahors des assemblées pour délibérer sur les intérêts de la religion.

2, Ajoutons qu'une lettre de Poncet, de Paris à la municipalité, le 18 avril 1790, faisait craindre que Caussade et Moissac près de Montauban n’obtinssent d’être chef-lieu de district de préférence à Montauban (Arch. commun. série AA, carton 6).

3. Il avait aussi manqué l’avant-veille (Relation exacte de ce qui s’est passé à Montauban le 10 mai 1790, et des causes qui ont préparé cet horrible événement. Bibl. commun. Bordeaux, 16 p. in-8°).

4. Conformément à la loi du 20 mars 1790, qui ordonnait aux municipalités de dresser sans délai l'inventaire du mobilier, des titres et des papiers qui se trouvaient dans les maisons religieuses.

5. Dupuy-Montbrun de Grangers de Montméjan (Jean-François-Alexandre), né au château de Montméjan, commune dé Saint-André-de-Vezens (Aveyron). Sera élu le 2 septembre 1791 député du Lot à la Législative, mourra à Paris le 30 mars 1792 (Dict. des Parlementaires). :

6. L'Hôtel de Ville, aujourd’hui dans l’ancien évêché, était alors près de l’emplacement. qu'occupe maintenant le théâtre, entre la rue de Ia Comédie (ci-devant de la Trésorerie) et le pont actuel des Consuls. Il est représenté, quoique la topographie de la scène soit très inexactement reproduite, dans la gravure qui a popularisé l'événement « Les premiers Martyrs de la Liberté française », par B. Espinasse (Bibl. nat., n° 10703, 10704 de la collect. Hennin). L'opinion que nous citons sur les causes de la collision est celle de M. Em. Forestié. :

auraient dû refuser et on fait le siège du poste; cinq dragons sont tués, deux grièvement blessés, Sur réquisition tardive des municipaux, la maréchaussée et le régiment de Languedoc arrivent trois heures après la formation de l’attroupement, les municipaux déterminent les cinquante-cinq dragons survivants à se rendre !, on les fait sortir et on les emmène en prison au milieu des troupes, pour les dérober à la fureur des assaillants selon les uns, après leur avoir fait faire amende honorable devant la cathédrale disent les autres. Dans ce massacre des révolutionnaires et des réformés il n’y eut rien de prémédité, affirment les chefs de la réaction ?, nous pouvons les croire, la préméditation était inutile, les passions en présence suffisaient à amener une catastrophe : la vieille haine de catholique à protestant *, à peine assoupie avant la Révolution, avait été réveillée par les imprudences des réformés et les généreuses mesures d’une Assemblée éprise d'idées philosophiques, dédaigneuse des préjugés héréditaires, et croyant tous les Français faits à son image, il s'y était joint les ressentiments du patriotisme local aigri par la prépondérance assurée à Cahors, des ouvriers et du petit commerce égarés par la misère, et les nobles, jaloux de la bourgeoisie, les partisans de l’ancien régime, le clergé avaient exploité cet état de choses. Après avoir désigné au peuple, durant plusieurs mois, bon nombre de ses concitoyens comme les ennemis de son Dieu et comme ses affameurs, les ex-privilégiés ne pouvaient espérer le contenir longtemps. C'est dans la campagne menée depuis la fin de 1789 contre le commerce protestant qu’il y a eu préméditation ; quand on lit le rapport de Vieillard, et surtout quand on parcourt les registres des actes et proclamalions de la municipalité “ et du Conseil général de la commune, du 1°" février à la fin d'avril (les pages concernant le mois de mai ont été arrachées el pour cause), ainsi que le registre de ses délibérations, on voit la municipalité faire constamment preuve de mauvaise foi et d’hostilité vis-à-vis de la garde nationale et des protestants, encourager sans cesse l'agitation, et on se convainc que, sans avoir voulu la catastrophe, elle l’a rendue inévitable. Au surplus, le sang versé devait bientôt retomber sur elle et sur ses partisans.

1. Suivant certains pamphlets protestants, c'est après qu'ils eurent rendu Jeurs armes que le peuple tira sur eux.

8. » On ne pouvait, sans mauvaise foi, supposer la préméditation des royalistes, c'est cependant ce qui eut lieu », dit d'Elbreil.

3. Il y eut, parmi les fauteurs du massacre, des protestants, Guy de Viçose un noble, Olier Sébastian un bourgeois que nous retrouverons. Mais c’est bien une explosion de fanatisme. Jean Cantinel dit à un patriote catholique : « Je crois que tu vaux aussi peu que les huguenots ». J.-A. Bayle crie après l'événement : « Allez voir ces camisards comme on les a arrangés ». Un autre parle de jouer aux boules avec les têtes des réformés (L?7 Arch. Tarn-et-Garonne ; collect. Galabert, papiers Bosquet).

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