‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 670 sur 889 · Correspondance politique du 17 juin 1794, déjà citée · texte numérisé non relu

Correspondance politique du 17 juin 1794, déjà citée

e.-Le 19 prairial, Prieur annonçait au Comité de Salut public l’arrivée dans la matinée, le même jour, de l’Indomptable remorqué par le Brutus (ils avaient quitté l'armée, on s'en souvient, le soir du 10 prairial) (collection Maurice Loir).

3. Lettre de Prieur au Comité de Salut public, 23 prairial (AF11 294).

4. Dénonciation des citoyens de la commune de Brest. Dans sa Réponse à La dénonciation, Jeanbon dit : « L'armée était au mouillage de Bertheaume et elle n’y était pas exposée ; si elle l’avait été, c'était au général à chercher un autre mouillage. »

Jeanbon se rendit à Brest ce jour même, 23 prairial. Le port contenait encore deux vaisseaux, l’Zndornptable et le Brutus, qu'il fallait se hâter de réparer pour les envoyer à l’armée, et, de Brest, le Représentant expédia. à ses collègues à Rochefort la demande instante de tous les bâtiments dont ils pouvaient disposer ‘. Avant de quitter la flotte, il avait examiné quels vaisseaux seraient en état de repartir, el destitué les capitaines dont l'incapacité était déjà évidente pour lui ?. Les thermidoriens de Brest, dans leur dénonciation de l’an III contre Saint-André, prétendent qu'à son arrivée à Brest il eut « l’effronterie de recevoir les honneurs du triomphe que lui avait préparé son digne collègue Prieur *? », que des citoyennes avaient été enrôlées pour jeter des fleurs sur son chemin, qu'il se rendit solennellement à l'Hôtel de Ville, ayant à sa gauche Prieur de la Marne, à sa droite Dubois-Crancé venu à Brest pour l’embrigadement des troupes, les autorités civiles et militaires et la foule des citoyens suivant en cortège. Jeanbon a répondu :- « Voilà par exemple ce que je ne savais pas... je descendais modestement dans un canot à quatre rames, ce n’est pas là un triomphe. Je trouvai sur la grève un grand nombre de citoyens des deux sexes qui m’embrassèrent, et dont plusieurs me reconduisirent chez moi où je me rendis à pied. Ainsi se termina cette pompe triomphale *. » Tout en faisant la part des exagérations dictées aux thermidoriens par l'esprit de parti, il est permis de croire que Prieur, grand metteur en scène, avait, avant d’aller chercher Jeanbon à Bertheaume, organisé pour son collègue une réception à laquelle celui-ci n’a pu se dérober sous peine d’impressionner les esprits. Le soir, Jeanbon parut à la Société populaire, il y dénonca le capitaine Gassin comme l’auteur de la défaite éprouvée . Le lendemain 24, il écrivait à Villaret sur un ton très affectueux de correspondre de Bertheaume avec luif.

C’est alors, et avant que fussent écoulées les quarante-huit heures nécessaires à Ja réparation de la flotte, qu'apparut le convoi de Van Stabel. Jeanbon nous dit dans son Journal que le convoi mouilla à Bertheaume, le lendemain de la rentrée de la flotte , ce serait donc le 24 prairial. Dans sa Réponse à la dénonciation des citoyens de la

1. Jeanbon à Guezno et Topsent, 24 prairial (IVe Reg. de correspondance des Représentants du peuple). Le 26, le commandant des armes de Rochefort écrit à son collègue de Brest, ne sachant pas encore la rentrée de l’escadre, qu'il envoie deux frégates et deux corvettes pour la chercher dans les parages où elle a combattu le 10 (BB: 54, fol. 283, 284).

2. Rapports de Dumoutier du Trajan, de Langlois du Towrville.

3. Voy. sur les détails de ce triomphe, Les colons à Brest en 1794, France maritime, t. IT, pp. 395-396.

4. Réponse à la dénonciation des citoyens de lu commune de Brest.

Page 1