INACTION DE LA FLOTTE
maltraités les réparations indispensables, renvoyant la réfection complète de ces bâtiments à plus tard. Il prescrivait de les pourvoir tous de fourneaux à réverbère et de les approvisionner pour deux mois ‘. De Rochefort, Guezno et Topsent lui renvoyaient /’Audacieux réparé, accompagné d’un vaisseau neuf, le Marat, de trois frégates et de quatre corvettes ?. D'autre part, Jeanbon et Prieur traçaient pour Brest le programme des armements à venir, tandis que le Comité de Salut public pressait la construction des six vaisseaux et des trois frégates en chantier à Lorient *. Les capitaines morts à l'ennemi ou destitués furent remplacés par Saint-André qui remit en activité à cette occasion le capitaine Trinqualéon, naguère écarté comme ci-devant“. L'école de canonnage fut définifivement organisée *. Jeanbon et Prieur, au 29 prairial, pouvaient déjà remettre en ligne vingt-trois vaisseaux, neuf à dix frégates.
Ils attendaient d’un jour à l’autre du Comité de Salut public l’ordre d'effectuer une nouvelle sortie. A cet effet, ils maintenaient la flotte à Bertheaume ‘. Puisque le convoi était dans nos ports, la tentative sur Jersey ou sur l'Angleterre même revenait au premier plan. De plus, le Comité de Salut public avait, on s’en souvient, décidé deux croisières de bâtiments légers à Terre-Neuve el dans les mers d’Alle-
magne ‘.
Mais le projet de descente à Jersey ou en Angleterre fut ajourné une fois de plus. Les dispositions n'étaient pas terminées et ne
tants du peuple). Rochon avait eu l’idée de cette manufacture (mémoire du 22 floréal à Jeanbon, collection Maurice Loir), et Jeanbon le charge de l’établir.
1. 5 messidor (Dxvr, n° 1). Voy. aussi Villaret à Dalbarade, 1èr messidor, déjà cité, et B. Bernard, Les colons à Brest en 1794. France maritime, t. IL, p. 396.
2. Jeanbon au Comité de Salut public, 30 prairial (BB 61, fol. 52).
3. 5 messidor (Dxvi n° 1), arrêté du Comité de Salut public du 26 prairial (AFn 295). Jeanbon le 29 prairial arrête des mesures pour la construction du phare de l’ile de Groix (IL: Reg. d’arrêtés des Représentants du peuple).
4. Le capitaine l’Hermitte du Tigre a été retenu aux États-Unis par les fièvres ; Lévêque sauvé des attaques du Comité de Surveillance de Lorient, est remis en service comme Trinqualéon, celui-ci le 25 prairial (Dxvr n° 1, Ile Reg. d'arrêtés des Représentants du peuple). Sur Trinqualéon, voy. page 527.
5. AFu 206, Il° Reg. d’arrêtés des Représentants du peuple, autres sur l’emploi de matelots (AFu 125).
6. Prieur au Comité de Salut public, 26 prairial, aux Représentants du peuple à Bordeaux, 25 prairial, Jeanbon et Prieur au Comité de Salut public, 29 prairial (IVe Reg. de correspondance des Représentants du peuple). Les mêmes au même, 30 prairial : si le Comité ne prend vite un décision, ils vont faire rentrer l'escadre à Brest, la rade de Bertheaume étant très mauvaise (BB? 61, fol. 52).
7. Déjà cité page 808 : le 25 floréal, le Comité de Salut public autorise Jeanbon à expédier un vaisseau rasé, deux frégates, et s’il le juge convenable, deux corvettes ou avisos sur le banc de Terre-Neuve, et à donner les ordres nécessaires pour cette expédition lorsque la division Nielly ou celle de Cancale aura fait sa jonction avec la flotte de Brest commandée par le contre-amiral Villaret. Signé Billaud-Varenne, Carnot, C.-A. Prieur, B. Barère (collection Maurice Loir). Le 22 fioréal, le Comité arrête de déroger à son arrêté du 13 floréal (concentrant les bâtiments légers de l'Océan à Brest), pour La Seine et le Flibustier, ces navires formant sous le commandement de Cornie, capitaine de vaisseau commandant La Seine, la division destinée pour les mers d'Allemagne suivront leur destination. Signé Collot d’'Herbois, Billaud-Varenne, C.-A. Prieur, B. Barère (collection Maurice Loir).
pouvaient l'être de quelque temps, Cornic à Port-Malo manquait d’équipages et se trouvait en butte à bien des difficultés d’organisation ‘. Il fallait courir au plus pressé. Or Carnot avait arrêté une attaque des îles de la Zélande, pour opérer une diversion sur la côte des Pays-Bas tandis que l’armée du Nord avec Pichegru, celle de Sambre-et-Meuse avec Jourdan forçaient l’entrée de la Belgique. En conséquence, le 11 prairial, Carnot avait ordonné de ramener aux frontières du Rhin et du Nord 25,000 hommes des armées de l'Ouest, et, d'autre part, un arrêté du Comité de Salut public du 25 prairial
(13 juin) prescrivit l'envoi à Dunkerque de huit frégates et deux corvettes, des transports mouillés à Calais, des bateaux pêcheurs de Calais à Fécamp. Carnot recommandait il est vrai d’effectuer le mouvement des troupes «le plus secrètement possible, afin que les Anglais
ne se rassurent pas sur le projet de descente », et il ajoutait que le Comité de Salut public ne renonçait pas à l’entreprise maritime, qu’elle était seulement ajournée *?. È -
Jeanbon ne recevant pas d'instructions fit rentrer le £ messidor (22 juin), dans la rade de Brest, la flotte trop exposée à Bertheaume, tout en avertissant Villaret de mouiller sur une seule ancre et de continuer hâtivement les préparatifs. Il prescrivit également à l'amiral d’expédier tous les bâtiments légers et vaisseaux rasés sur les côtes d'Angleterre, à l'entrée de la Manche et dans les parages des Sorlingues par groupes de deux frégates et une corvette, les vaisseaux rasés étant envoyés de préférence sur les points où des - forces importantes élaient nécessaires. Ces croisières devaient être courtes, mullipliées, menées avec circonspection *.
Le 5 messidor (23 juin), étant donné la rentrée du convoi d’Amé-
rique, Dalbarade fit adopter au Comité de Salut public le plan sui-
vant : garder nos forces navales en une masse imposante et toujours en mesure d'exécuter le plan sur l'Angleterre, envoyer une croisière aux Açores, une dans les mers d'Allemagne, une sur les côtes d’Espagne et Portugal. Le gros de l’armée navale : vingt-sept vaisseaux divisés en trois escadres, croiserait par le 49% de latitude nord
1. Cornic à Dalbarade, Port-Malo, 5 et 18 prairial (BB* 50, fol. 82, 52). Il y a en outre un conflit entre la marine et l’armée, le général de brigade Regnier et Cornic. Le 17 prairial, le Comité de Salut public arrête d'augmenter les fortifications de la rade de Cancale dont la station de la division Doré-Thévenard a prouvé l’excellence, et où l’on peut préparer des opérations navales (AF17 295).
2. Savary, Guerres des Vendéens et des Ghouans, t. LIT. p. 515. Le Comité de Salut public, le 25 prairial, arrête : 1° d'envoyer à Dunkerque les corvettes la Societé populaire, lu Jalouse, la Fraternité, la Belliqueuse, la Victorieuse, la Tourterelle, la Mutine, l’Inconnue, les frégates La Seine, le Flibustier, les transports actuellement à Calais, les bateaux pêcheurs de Calais à Fécamp; 2° de tenir prêts à mettre à flot et à partir les transports qui se trouvent à Port-Malo et tous les bâtiments destinés au transport des troupes actuellement dans la Manche. Signé Carnot, C.-A. Prieur, Billaud-Varenne, B. Barère, Robespierre, Lindet (collection Maurice Loir). Voy. Buchez et Roux, tome XXIV, p. 11, le discours de Saint-Just du 9 thermidor où il reprochait à Carnot le plan de cette expédition.