Ode XXIII, sur le vaisseau Le Vengeur
« Captifs!.... la vie est un outrage, «Ils préfèrent le gouffre à ce bienfait honteux. « L'Anglais en frémissant admire leur courage « Albion pâlit devant eux. »
(Œuvres de Le Brun, Paris, 1811, 4 vol. in-8.)
2. La Nouvelle Carthage ou les crimes des Anglais et le combat naval du 20 prairial, suivi du naufrage héroïque du Vengeur renvoyé à la commission d'instruction publique le 29 messidor an IT:
« Oh ! qui pourrait compter tous vos exploits sublimes « Villaret, Saint-André, vous tous dont la valeur « Est digne de guider des Français à l'honneur? »
L'auteur déclare que « Howe porte dans son cœur les serpents du Tartare » et ajoute en note: «on a tracé son vrai caractère où l’on reconnaîtra aisément la férocité naturelle à sa nation ». (Arch. nat., DxxxVII, n° 5.)
3. Il n’y a au Procès-verbal de la Convention qu’une adresse (du district de Guérande) pour célébrer la rentrée du convoi (t. XL, p. 259), au contraire on en trouve quantité à propos du Vengeur. Sur les cinq gravures représentant la bataille du 13 prairial dans le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale et déjà citées, trois sont consacrées au Vengeur.
4. Voy. Procés-verbal, t. XLI, p. 108, don de 6,000 livres pour les blessés; 10id., -p. 335, don de 1,225 livres pour les veuves et orphelins par l'équipage du Brutus de Cherbourg. Le 18 messidor, la Convention vota 600 livres de secours provisoire pour la mère « du brave Basire » en attendant liquidation de sa pension (ibid., p. 43). Sur les dons pour la construction de navires, voy. Procès-verbal, t. XL, pp. 107, 174, 32, 180; t. XLI, pp. 307, 81; Aulard, Jacobins, t. VI, pp. 205, 208; AFnr 121; L 2130, Arch. Gironde; le club de Cherbourg le 21 messidor vote l'équipement, l'entretien, la solde pour un an de deux matelots, un volontaire et un mousse destinés au « nouveau vaisseau le Vengeur » (Archives communales, Cherbourg).
5. AFur 295, AF*11 140, nomination de Van Stabel, 17 messidor.
que le Comité de surveillance de Lorient avait opérées dans la marine de ce port; un ingénieur de la marine détenu à Mamers et dont Jeanbon avait déjà réclamé l'élargissement fut mis en liberté; Jeanbon rédigea le 19 messidor un arrêté pour libérer et rendre à ses fonctions le capitaine de vaisseau Thévenard commandant la station de Cancale !. A ces différents actes, il faut joindre deux rapports que Jeanbon fit au nom du Comité à la Convention le 19 et le 21 messidor sur des questions de détail ?.
On le voit, l'impulsion donnée à la marine continuait quand Jeanbon quitta Paris, et rien ne pouvait faire prévoir à bref délai la désorganisation et le relâchement dans ce service. A Brest, sans doute, par suite de l’épidémie qui enlevait aux armements quantité de bras, les travaux étaient moins vivement poussés dans les derniers jours de messidor et les premiers de thermidor *, ils se ralentissaient aussi à Port Malo et au Hâvre. Mais à Rochefort, sous la direction de Guezno et Topsent, l’activité ne diminuait pas *, et avec un gouvernement fort, redouté, puissamment centralisé, ces contre-temps n'avaient aucune importance. Les efforts du Comité de Salut public, l'élan du pays ne pouvaient manquer d’aboutir prochainement à un accroissement prodigieux de nos forces navales. Avec le temps et de nouvelles campagnes, les officiers recrutés dans la classe démocratique devaient acquérir de l'expérience et tenir tête à la marine anglaise aussi efficacement que les états-majors nobles de Louis XVI. Cependant il fallait que le Comité de Salut public gardât la continuité de vues et de méthodes, l'énergie dans l'exécution qui le caractérisaient. Or, averti sans doute par les rumeurs qui circulaient dans la capilale, ou d'après le malaise et l'inquiétude qui se manifestaient dans la Convention et les Comités, Jeanbon emportait de Paris l’idée qu’une grande commotion politique était imminente.
Pour aller à Toulon, Jeanbon passa par Montauban. Le 23 messidor (11 juillet), au club de cette ville son arrivée pour un des jours suivants fut annoncée à.
1. Arrêté sur Lorient, 18 messidor (AF“7 140). Sur l'ingénieur détenu à Mamers, 18 messidor AF“1r1 140. Sur Thévenard, F7 4437, Réponse de Jeanbon à la dénonciation des citoyens de la commune de Brest; Cornic défendait Thévenard, « officier expérimenté et qui mérite toute confiance » (BB3 59, fol. 59, 64). J
2. Moniteur, t. XXI, p. 71 et .183. Le 23, le Comité de Salut public fait voter une, loi réglant la consignation des prises (Procès-verbal, t. XLI, p. 188).
3. Villaret à Dalbarade, 16 messidor (BB# 37, fol. 216), Vautier au même le 18 (BB* 51, fol. 214), Prieur au Comité de Salut public, 3 thermidor (AF1r 294.)
4. BB 50 fol. 288, BB 8, fol. 34; BB3 60, fol. 51. Voy. dans AFu 121 les menées des chouans, insermentés, contre-révolutionnaires qui troublent alors la Manche, ce qui influe sur les travaux. BB? 54, fol. 287 et 35 pour Rochefort.
5. 5° Reg. du club (Arch. commun. Montauban). Jeanbon est donc parti le 21 au
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Montauban était alors une des cités où le gouvernement montagnard était le plus solidement établi. Elle ne constituait pas une colonie révolutionnaire comme Brest ou Rochefort, car elle n’avait pas été envahie par un afflux de population étrangère et le parti montagnard qui la dominait se recrutait dans la démocratie ou la petite bourgeoisie indigènes. Mais ce parti avait proscrit, incarcéré ou mis en surveillance, à peu d’exceplions près, tous ses adversaires, tous les nobles et gros bourgeois, et ses chefs réunis dans le club, tenant les administrations municipale et de district, ainsi que le
. Gomité de Surveillance, groupaient sous leur direction toute la classe
populaire, protestante ou catholique. Il en était d’ailleurs ainsi dans toutes les villes de France. Ce qui donne à Montauban un caractère particulier, c’est que le gouvernement montagnard y avait accaparé comme à Brest toutes les ressources et enchaîné à son service tous les individus. Tous ceux des citoyens de Montauban qui étaient demeurés libres travaillaient pour le compte de l'Etat, surtout depuis l'arrêté du Comité de Salut public du 25 frimaire (15 décembre 1793), qui ordonnait la formation dans chaque chef-lieu de district d’un magasin militaire ‘. Plusieurs des fabricants de drap avaient été emprisonnés ou avaient pris la fuite, ceux qui étaient demeurés à la tête de leurs ateliers, au nombre de cinquante-six, n’abdiquaient pas tous, dans le fond de leur cœur, les préférences de la classe bourgeoise pour la Gironde ou la royauté, mais ils étaient devenus bon gré mal gré fournisseurs de l'Etat. Pour quelques-uns, plus particulièrement suspects, on avait trouvé le moyen de concilier les exigences de la sûreté publique et de la production industrielle : ils restaient dans leurs manufactures, sous surveillance ?. Tous ces fabricants de drap étaient chargés des fournitures d’étoffes aux armées #. Les sept tanneurs de la ville étaient astreints à préparer les cuirs nécessaires aux équipements militaires *, et les cordonniers, enrôlés tous dans un atelier natjonal, travaillaient pour les troupes ‘. Les tonneliers avaient également leur tâche pour le compte de la République ‘, la fonderie de canons, la raffinerie de salpêtre occupaient encore un cer-
soir ou le 22 (le 21 il fait un rapport à la Convention, le 85 il est à Montauban). Une circulaire du Comité de Salut public du 1er thermidor aux agents nationaux de district porte, à l’imprimé, sa signature (Bibliothèque nat. Lb#t, no 2172), mais les circulaires du Comité portent fréquemment la signature de membres absents.