e Reg. de la municipalité fol
tain nombre de bras ‘. Par contre il semble que la manufacture d’armes décrétée sur motion de Saint-André n’avait point été établie *. Les femmes étaient employées elles aussi : on leur donnait à filer la laine, à coudre le linge et les vêtements pour les soldats.
Ce régime mettait l'industrie montalbanaise dans des conditions
particulières. La municipalité inscrivait sur un registre les quantités
de matières premières dont les différents industriels avaient besoin, elle transmettait ces chiffres à la Commission du commerce et des approvisionnements, et celle-ci, par réquisition dans les autres dépar-
tements, fournissait aux ateliers de Montauban à très bas prix les
laines, les huiles, les savons à dégraisser les éloffes; elle leur ouvrait pour y prendre des suifs et des peaux les magasins des munilionnaires chargés de l’entreprise des viandes pour les deux armées des Pyrénées. Naturellement, ce système pouvait donner lieu à des spéculations fâcheuses. « La République veut l’âider dans tes opérations, disait l’agent national dans une circulaire aux fabricants en les invitant à mentionner leurs besoins, prends donc bien garde de ne point amplifier, ni atténuer »,et la municipalité écrivait à la Commission du commerce : « Vous pouvez être assurés qu'il ne sera point abusé des
réquisitions que vous nous avez confiées, soit pour des doubles
emplois qui favoriseraient l’accaparement, soit en détournant les matières pour d’autres usages que ceux de la République * ». Cependant, malgré la surveillance, des faits de ce genre avaient lieu, et notamment une réquisition, qu’obtinrent les fabricants montalbanais par l'intermédiaire de Jeanbon et qui n’était point nécessaire, fut la source de profits scandaleux ‘. La municipalité ne se contentait pas de diriger l’approvisionnement des usines en matières premières, elle veillait à ce que les fabricants fissent des étoffes de bonne qualité, absolument comme les jurandes de l’ancien régime, aux ouvriers de toute catégorie et aux patrons elle rappelait fréquemment qu’ils étaient en réquisition pour le service de la République, qu’ils ne devaient pas perdre leur temps au cabaret ou le gaspiller par indolence à l’atelier, sous peine d’être punis par la loi du 29 septembre 1793 *.
Ajoutons qu’il y avait encore nombre de gens employés aux magasins à fourrages et dans les hôpitaux, que tous les patrons bâteliers
1. Lxx1. Arch. Tarn-et-Garonne ; Aulard, t. XI, p. 246; Procès-verbal de la Convention, t. XX XV, p. 283. La fabrique de: canons coule des caronades pour la marine de Brest.
2. Li fol. 4 recto. Arch. Tarn-et-Garonne ; le Comité révolutionnnaire à Jeanbon 5 nivôse pour s’en plaindre (L1® ibid.), séance du club du 24 pluviôse (5° Reg. du club. Arch. commun.), Reg. de correspondance de l'agent national de la commune 28 germinal (Arch. communales).
3. Voy. 4 Reg. de la municipalité fol. 130; 1er Reg. de correspondance de la municipalité 22 ventôse et 4 messidor, lettres à la Commission des subsistances; 2e Res. de correspondance de la municipalité. 26 messidor à Jeanbon (Arch. commun.); Reg. de correspondance de l'agent national de la commune, 12 prairial (ibid.).
4. è&e Reg. de correspondance de la municipalité, 26 messidor, lettre à Jeanbon, voy. Ch: xx, reproches de Jeanbon aux négociants de Montauban à ce propos en l'an IV.