GUERRE DE RELIGION DANS LE MIDI
soulèvement général ‘. L'Assemblée Constituante mit, le 17 mai, les non catholiques de Montauban sous la protection de la loi ; le 19, elle approuva la démarche des Bordelais ?, 1e 24, elle rénvoya à son Comité des Recherches des lettres où la municipalité de Montauban faisait sa propre ‘apologie *. L’élan des contre-révolutionnaires était déjà brisé par ces mesures, quand, le 28, se présenta dans la ville Mathieu Dumas; nommé par le roi chef d'état-major du lieutenant général de Verteuil, qui était chargé de pacifier la Guyenne, le Périgord et le Haut-Languedoc, Dumas avait trouvé son chef moribond à Bordeaux, s'était délibérément subslitué à lui dans sa mission, et arrivait décidé à faire relâcher les prisonniers et à s’interposer entre Montalbanais et Bordelais. A force d’habileté il y parvint : le 29 mai, les portes de la prison s’ouvraient pour les dragons, et, le 8 juin, les quelques protestants demeurés à Montauban signaient avec la municipalité un acte de concorde aussi peu net dans la forme que peu sincère dans le fond #.
Rien n’était terminé, la guerre entre les deux factions se préparait depuis le commencement de l’année dans tout le Midi, et non pas seulement à Montauban. La journée du 10 mai, et c’est ce qui explique son importance comparée à d’autres qui suivirent el furent beaucoup plus sanglantes, établit la solidarité des révolutionnaires, encouragea l’audace des défenseurs de l’ancien régime dans tout le pays; des rives de la Garonne aux côtes du Languedoc, en passant par les Cévennes, chacun prit parti; la discussion de la Constitution civile du clergé commencée le 28 mai par l’Assemblée nationale augmenta la fureur. On offrit des secours aux proscrits de Montauban à Toulouse et à Bordeaux ‘ ; en revanche, les nobles et les prêtres se concertèrent, et l’agitateur Froment, courant de Montauban à Nîmes, organisa une véritable croisade f. Deux députés à la Consti-
lative, émigre en septémbre 1792, rentre définitivement après thermidor. Entré aux Anciens en l’an IV, proscrit au 18 fructidor, rallié à Napoléon, puis aux Bourbons, retraité comme lieutenant général en 1832, mort en 1837 (Dict. des parlementaires).
1. «Le comte d’Esparbès ne partagea en aucune façon ce qu’on appellera peut-être nos illusions. Son inaction fit avorter nos combinaisons » (d'Elbreil,p. 35). Dumas dit que ce fut sur ses instances que d’'Esparbèsrenonça à agir (t. I, p. 471).