Reg. du club
crie, d’après une tradition, dans les rues de Gaussade :« Rochette est vengé ‘! » Néanmoins, à part Cladel et Cieurac, pas un Montalbanais n’a péri sur l’échafaud. De même il n’y a eu que très peu d’actes de vandalisme : sauf le bris et la destruction des portraits d'anciens magistrats en 1793, nous ne relevons guère que l’hôtel de l’Intendance abimé par les pluies à la suite de la négligence des autorités, et l’église Saint-Jean de Villenouvelle, celle-là même où avait été baplisé Jeanbon, transformée en atelier national ?. En revanche, le directoire du district se préoccupe d'organiser une bibliothèque publique, un cabinet d'histoire naturelle et dé physique et un musée *. Évidemment tout ce qui fait opposition à la classe populaires est frappé, il y a des excès individuels, les dénonciations sont fréquentes, le Comité de Surveillance compte dans son sein des individus aux-. quels les honnêtes gens ne peuvent obéir sans répugnances, le régime politique est sévère. Mais tout cela ne doit pas faire oublier l'abnégation superbe que montre durant cette période la démocratie montalbanaise : courbée sur la tâche quotidienne, asservie à toutes les volontés d’un gouvernement exigeant, peu et mal nourrie, elle obéit sans murmurer, supporte allègrement les souffrances de l’heure présente, économise encore sur ses faibles ressources pour des dons patriotiques *. Une séance au club, l'annonce des victoires remportées sur les satellites des tyrans, les fêtes civiques, voilà ses plaisirs. L’ouvrier montalbanais de l’an II a le patriotisme et l'esprit de sacrifice du soldat de l'an IT : il veut que la République triomphe des despotes coalisés, il a foi dans un avenir de liberté et de justice, il'espère en la Convention nationale pour le réaliser; « les privations ne coûtent plus rien aux Français, écrit la municipalité à Jeanbon, et pourvu qu’ils soient libres, ils sont heureux, nous sommes réduits ici à huit onces de pain et personne ne murmure, que l’ancien régime eût tenté (sic) s’il eût vu une pareille entreprise! * ». Et bien d’autres localités dans la région rivalisent avec Montauban : la commune de
1. Cette tradition est rapportée à vrai dire dans l’ouvrage partial de l’abbé Daux (Histoire de l’église de Montauban : Suppression du Diocèse, pp. 66-67).
2. Forestié, Ephémérides montalbanaises, p. 173, 189 ; 3° rapport fait à la Gonvention nationale sur levandalisme, au nom du Comité d’Instruction publique par Gr égoir e, 84 frimaire an III, Lxx fol. 101 recto. Arch. Tarn-et-Garonne. N'oublions pe qu'un décret a été rendu le 3 brumaire an II contre le vandalisme (Procès-verbal,
t. XXIV, p. 69.)