Lxxr fol. 43 verso. Arch. Tarn-et-Garonne
4, Voy. Procès-verbal de la Convention, t. XX VII, p. 88.
5. A Jeanbon, 7 messidor, 1: Reg. de correspondance de la municipalité. Voy. aussi BÔô au Comité de Salut public, de Cahors : le peuple « a la meilleure volonté, il veut et il chérit la Révolution »; Bô ajoute a la vérité que le peuple « est d’une ignorance qui entrave sa marche. Il ressemble à une montre qui ne va qu’au moyen de la clef qui la remonte chaque jour », et les Comités de Surveillance exercent trop souvent «des vengeances particulières » (Aulard, Actes du Comilé de Salut public, t. XI, p. 705), mais il parle ici des campagnes, des Comités des petites villes et surtout de celui de Moissac dont nous avons cité les méfaits ; une proclamation du Comité de Surveillance de la commune de Montauban du 16 germinal (Miscellanea Devals) montre l'ignorance des campagnes et leur crédulité pour toutes les rumeurs absurdes.
Réalville arme et équipe un cavalier jacobin, donne 1,500 liyres aux volontaires des différentes levées, envoie 160 jeunes gens aux frontières, offre à la patrie 200 livres de salpêtre, 11,470 livres en assignats, du linge pour 200 hommes et 6 uniformes, et elle ne compte pas 1,500 habitants ! !
Naturellement, Jeanbon est l’idole de ses compatriotes 3. ?, En ventôse, une femme ayant « osé insulter » dans le local de la Société populaire la citoyenne Saint-André, les membres du club ne savent qu'imaginer pour ramener l'épouse du Représentant à leurs séances *. Un citoyen de Cahors qui en pluviôse a entendu Jeanbon aux Jacobins lui envoie à Brest, comme hommage de sa naïve admiration, un baril de vin du pays natal *, À l'heure où Saint-André revient
- à Montauban, la nouvelle de la bataille du 13 prairial a encore exalté l'enthousiasme de ses partisans : une députation du club a été féliciter la citoyenne Saint-André ÿ, la Société populaire a fait imprimer et répandre le récit de ce beau fait d'armes, ainsi que la lettre du Représentant à sa femme ‘, et elle écrit à Jeanbon, à Brest, le 7 messidor : « Ta digne épouse nous a communiqué tes dernières lettres. La Société a applaudi avec transport aux succès que Lu avais préparés et dont tu as si bien partagé la gloire. Sa sensibilité s’est émue au récit des dangers que tu as courus, elle a frémi pour tes jours qui lui sont infiniment précieux, continue ainsi de servir la patrie, mais n'oublie jamais que ta vie lui appartient, qu’elle lui est nécessaire ainsi qu'à tes amis * .» La municipalité envoie de son côté, à Saint-André, cette belle adresse: : « Nous avons bien reconnu les mouvements de ton Cœur brûlant d'amour pour la patrie quand tu as envié le sort de ses défenseurs mourant pour elle, ton courage ne nous a point surpris, nous le connaissions depuis longtemps, tu refondais pour ainsi dire les cœurs et les esprits des marins pour les animer à ce haut degré d'énergie et de dévouement qui augmente à mesure que les dangers deviennent plus imminents, et qui compte pour rien la mort pourvu que la patrie triomphe et que la liberté et l'égalité se maintiennent. Que d'efforts n’as-tu pas eu à faire pour régénérer toute cette marine! malgré cet obstacle tu as rempli ton but priucipal, tu as fait rentrer ce convoi tant désiré et si nécessaire, et les féroces Anglais ont appris à connaître les Français régé-
‘ 1. Convention, Procès-verbal, t. XLIII, p. 257. Voy. t. XXX VII, pp. 188 et 218, dons analogues de Caussade et du district de Cahors.
2. Outre les lettres déjà citées, voy. 2° registre de correspondance du club, lettres que la Société lui envoie le 8 ventôse, le 6 germinal, et la séance du 11 floréal (5°. Registre du club).