messidor, 5° Reg. du club
- annonça un grand orage. C’est pourquoi sans doute il voulut frapper
définitivement de terreur le parti de l'opposition dans Montauban, c'est-à-dire la bourgeoisie, les patrons et gros commerçants fédé-
ralistes. « Voulez- -vous savoir, s’écriast-il, où sont les fédéralistes?
Ils sont à la rue Vivienne à Paris, à La Bourse de Bordeaux, à la Loge à Marseille, et dans les comploirs de Montauban ! ? » Dans un discours du 26, au club, « embrassant toutes les conspirations en général », il s'arrêta plus particulièrement « à démontrer l’astuce et la perfidie des fédéralistes, combien ils ont mis la liberté en péril ». Il fit ajouter à la formule du serment que devaient prêter les membres de la Société populaire les mots : haine aux fédéralistes ?. Il engagea les citoyens à sé méfier des riches, tout en spé-
cifiant cette réserve qu’il reconnaissait l’utilité du commerce, qu’il
serait toujours disposé à l’encourager, et « qu’il ne fallait pas confondre le commerce avec les commerçants ÿ ». Il s’efforçca enfin d’inspirer à tous la crainte salutaire du Comité de Salut public : « Ne vous y trompez pas, citoyens, le Comité de Salut public dont je me glorifie d’être membre, voit tout, connaît tout; il a la mesure de tous les hommes “ .»
Jeanbon produisit l’effet qu’il désirait : la dénonciation lancée plus tard par les thermidoriens de Montauban contre lui constate qu’en messidor « il exalta si bien les esprits que la terreur s’empara de toutes les âmes », et qu'il ne resta « plus d’espoir aux patriotes incarcérés ». Le Représentant s’enquit encore des besoins de la municipalité en subsistances et des fabricants en matières premières, il prit des mesures pour salisfaire à leurs desiderata ÿ, et le 29, semble-t-il (17 juillet), il quittait sa ville natale, continuant sa route sur le Port la Montagne, ci-devant Toulon f.