messidor, 2° Reg. de correspondance du club
nérés et libres....., nous faisons des vœux bien sincères pour que l’'Être suprême conserve tes jours supérieurs. Adieu cher concitoyen, nous faisons nos efforts pour faire le bien, nous ne pouvons être tes émules, mais nous serons tes imitateurs, nous te demandons toujours ton amitié et ton estime, ce témoignage fera notre bonheur ‘. » La contusion que Jeanbon a reçue dans le combat est devenue pour ses compatriotes une blessure inquiélante, la légende se forme à Montauban avec une rapidité extraordinaire, on y croit les vaisseaux démâtés revenus dans Brest, et la victoire de la flotte de la. République incontestable.
Jeanbon arriva le 25 messidor (13 juillet) à Montauban. Il venail de Moissac, ce qui ferait conjecturer qu'il avait passé par Bordeaux. En traversant Moissac il avait reçu les doléances du démagogue Colombié, le tyranneau de celte ville dont nous avons déjà mentionné la querelle avec la municipalité et la Société populaire. Comme celles-ci avaient, au temps de l’insurrection fédéralisle, persécuté dans sa per'sonne un des chefs du parti montagnard, Colombié maintenant les accusait, à tort ou à raison, d’avoir séquestré des biens lui appartenant. Saint-André, en raison des gages donnés par Colombié à la cause montagnarde, lui rendit la jouissance de ses biens et renvoya l'affaire aux Comités de la Convention ?. Le Représentant fut recu dans Montauban avec une joie indicible. Il prit la parole le 26, le 27 et le 28 au club, il parla également au Temple de l’Être suprême ®. Il refusa tout appareil de fête en son honneur : il a déclaré dit le procèsverbal du club « qu’il ne s’agissait point ici de modestie individuelle, mais de motifs fondés sur l'intérêt public qu’il fallait envisager avant tout et dont on devait s'occuper exclusivement et sans relâche, qu’il viendra un temps où la Convention indiquera des fêtes à célébrer, que bientôt la France entière rappellera par des cérémonies publiques le dévouement sublime du vaisseau le Vengeur, qu’aiors la musique et les autres arts pourront se mêler aux sentiments des patriotes, que dans ces moments le salut public devait être sans cesse à l’ordre du jour et fixer uniquement l'attention des Sociétés populaires # ».
Jeanbon laissa aussi voir qu’il redoutait de nouveaux complots pour la liberté, qu’il y avait encore des ennemis à terrasser, et il
1 7 messidor, 1er Reg. de correspondance de la municipalité. Autre du 16 à Belluc Jeanbon, alors à Paris pour y acheter des subsistances (ibid.). Voy. Procès-verbal de la Convontbie t. LXII, p. 31, adresse du club de Négrepelisse, district de Montauban.
2. Sur cette affaire voy. Procès-verbal de la Convention, t. XX VII, p. 152; 4° Reg. du club de Montauban, ? nivôse an IT; Mémoire de la Société populaire de Moissac au Comité de sûreté générale (Bibliothèque Nationale Lb#0, no 2810); arrêté de Jeanbon, Montauban 26 messidor (AF11 102); Registre de “correspondance du conseil général de la commune de Moissac du 13 avril 1790 au 7 vendémiaire an III, 30 messidor et 2° Registre du club de Moissac, fol. 40, 47. Arch. commun. Moissac. Sur l’arrivée de Jeanbon à Montauban, 5° Registre du club à Montauban.
3. 5° Registre du club; adresse du club du 24 prairial an HT.