EFFETS DU 9 THERMIDOR SUR SON ESPRIT
d'enlever par le courage aux Anglais une supériorité qu'ils n’ont acquise sur la Méditerranée que par la trahison, doivent s’empresser
de Seconder à cet égard les vues du gouvernement ! »; il réclame
enfin à Prieur de la Côte d'Or de la poudre, des canons, des boulets : « qu'il ne perde pas un moment! » Enfin, l'esprit de Saint-
André, loujours en quête de nouvelles ressources, s'arrête au projet
suivant qu'il expose le 18 thermidor à Barère : la Porte a une quinzaine de vaisseaux qu’elle nous cèderait probablement, « sa marine est très mauvaise, mais ses vaisseaux sont très bons, un négociateur un peu habile pourrait les acquérir à la République......, une pareille acquisition est digne du Comité, et il est digne de toi comme chargé en ce moment de la marine d’en faire la proposition et d'obtenir au moins qu’elle soit tentée ?
On voit avec quelle rapidité Jeanbon s’est mis à l’œuvre poyr r'estaurer la marine de la Méditerranée et ce qu’il a fait pour elle en moins de quinze jours, on voit tout ce qu’il en espérait. Il comptait, à vrai dire, sans les événements de Paris et sans d révolution qui venait de s’y accomplir.
Dès le retour de Jeanbon au Port la Montagne, on put se rendre compte que le 9 thermidor avait produit sur son esprit une impression profonde, impression dont lui-même ne se rendait probablement pas compte. Sa méfiance, déjà si grande, s’accrut dans des proportions extraordinaires : un nouveau complot avait été révélé, de nouveaux traîtres dévoilés, et ces traîtres étaient au moment de leur chute les chefs réels du gouvernement, Il n’était pas possible qu'ils ne se fussent pas assurés de tous côtés des complices, même parmi les ennemis de la France, car c'était un axiome pour les révolutionnaires que toute faction hostile au gouvernement était la faction de l'étranger.
Jeanbon arrêta ses premiers soupcons sur un agent que le Comité de Salut public lui avait naguère envoyé avec une mission analogue à celle du jeune Jullien : la surveillance des contre-révolutionnaires et la prédication de l’évangile montagnard. Cet individu nommé Demaillot avait des pouvoirs signés de Saint-Just, c'en était assez pour qu’il fut suspect d'entente avec l’acolyte de Robespierre. Et même, en rapprochant son envoi à Toulon de l’arrivée à Brest au mois de brumaire précédent des deux agents Cuny jeune et Collinet, Jeanbon conclut que tous trois étaient des aflidés des triumvirs, et ne lui avaient été dépêchés que pour l’espionner. Il avait en pluviôse dénoncé à la Convention Guny et Collinet,