‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 727 sur 889 · Recueil des arrêtés et AF1r · texte numérisé non relu

Recueil des arrêtés et AF1r

2. Jeanbon à Barère, 11, 18 thermidor (BB3 62, fol. 178, 115).

net, le 20 thermidor il réexpédia Demaillot à Paris, et il écrivit au Comité de Salut public : « S'il vous faut un agent dans ce pays-ci, qu’il me soit donné de votre main, mais je n’en veux point que je puisse soupconner m'avoir élé donné par des ennemis de la patrie qui ont expié leurs. crimes sur l’échafaud .'» L'infortuné Demaillot trouva sur le chemin du retour, à Lyon, un ordre d’arrestation que le Comité de Salut public avait lancé contre lui le 16, et ne comprenant rien à ce qui se passail, victime ahurie des vicissitudes politiques, il fut transféré à la prison des Carmes à Paris d’où il ne sortira qu ’après dix mois de détention ?.

Mais il n’était pas aux yeux de Jeanbon le fut complice présumé de la conspiration robespierriste dans le Midi. Une lettre d’un des membres du Comité révolatiennaire du Port la Montagne, adressée au Représentant Ricord à l’armée d'Italie et interceptée, parut fort étrange *. L’escadre de Martin était dans une situation critique, c’est l'avis qu’en avait donné l'amiral aw Représentant dans une lettre du 15 thermidor qui avait rappelé Jeanbom de Marseille, et une seconde lettre de Martin du 22 thermidor augmenta encore les inquiétudes du délégué du Comité de Salut public : la jonetion des flottes anglaise et espagnole venait en effet de s’opérer devant le golfe Jouan et 36 voiles ennemies menaçaient d’aller forcer les ? vaisseaux de la division française au mouillage. La coïncidence de ce fait et de la révolution du 9 thermidor frappa Saint-André ‘. En outre, à bord des bâtiments de Martin se manifestait le même: trouble des esprits qui avait égaré les subordonnés de Morard de Galles à Quiberon dans une circonstance analogue : avertis qu'une conspiration avait été tramée à Paris, épouvantés de se trouver hors de Toulon en face de forces ennemies très supérieures, les marins croyaient qu'un projet avait été tramé pour les livrer à la flotte coalisée, beaucoup désertaient à la nage, les autres, obsédés par la terreur, interprétaient les moindres incidents tels que voiles mises au sec, suppression des flammes et pavillons, etc., comme des signes de correspondance avec les Anglais et les Espagnols ; Martin lui-même croyait à une conjuration se reliant à celle de Robespierre, mais à une conjuration organisée parmi ses équipages pour les pousser à la révolte *. Enfin, tandis que la division du golfe Jouan élait ainsi

1. Jeanbon au Comité de Salut public, Port la Montagne, 20 thermidor (AFn 196) et arrêté de renvoi de Demaillot (ibid.). Sur cet individu, qui d’ailleurs le 13 thermidor envoyait au Comité de Salut public un éloge de Jeanbon, voy. F7 4669, Arch. nat. C’est peut-être le même qui fut mêlé à la conspiration du général Malet. Pour Cuny et Collinet se reporter au ch. x1v, pp. 579, 580, et ch. xvi, p. 680.

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