SON PASSAGE, A TOULOUSE
arrêté le 17 juin, et la municipalité commençait une instruction sur son cas, lorsque l’Assemblée nationale, le 26, au nom de l’inviolabilité - des députés, ordonna de le relâcher et le rappela à sa barre. Mathieu Dumas chargé de l'exécution de cet ordre, trouva à Toulouse les légions de la garde nationale composées de révolutionnaires et de -réformés, décidées à sy opposer, elles entouraient le Capitole, (l'Hôtel de ville) où se trouvait M. de Lautrec, avec des clameurs menaçantes, tandis qu’une autre légion, recrutée parmi les parlementaires, se disposail à favoriser sa sortie par la force; Jeanbon excilait les protestants, au dire de Dumas, et quand ce dernier, à force de diplomalie, eut délivré M. de Lautrec sans effusion de sang, il reçut la visite de notre pasteur : «il venait me demander, écrit Dumas, d'assurer la tranquillité des patriotes en faisant dissoudre la légion parlementaire et arrêter les chefs qu’il me désignait. J’eus beaucoup de peine à retenir ce ministre furibond..... C’est le jour de la vengeance, me dit-il, et nous l’attendons depuis plus de cent ans‘. » “Sur cette intervention de Jeanbon nous n'avons pas d’autres renseignements. Sans doute Dumas est un feuillant pour qui les montagnards, et Jeanbon Saint-André, étaient, à l’époque où il écrivit ses Mémoires, un objet d'horreur ?; M. de Lautrec, sur il s’attendrit, n’a pas rencontré la même indulgence chez un autre historien * el devait, une fois émigré, envoyer à la municipalité de Castres le manifeste de Brunswick annonçant la prochaine dévastation de la France “. Mais la parole prêtée à Jeanbon, ce cri de fureur vindicative, est bien en rapport avec les ressentiments qu’il éprouvait alors, nous aurons sous peu à le constater. En présence de la situation du Midi, l'Assemblée nationale prit des
mesures rigoureuses : la municipalité de Montauban affichait mainte-
nant un zèle patriotique extrême, elle célébrait eu grande pompe, le 14 juillet, une fédération qui, deux mois après les événements qui avaient ensanglanté la ville, n’était qu'une sinistre comédie ”, le 26,