IL EST EXCLU DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
nées arrête de notre part tout mouvement et coupe toute communication... le cabotage même n’est plus possible » !,
D'autre part, Jeanbon apprenait que le 13 thermidor (31 juillet), la Convention avait rénoncé à la pratique de maintenir au Comité de Salut public les conventionnels qu'une mission en éloignait momenlanément, qu'en conséquence, Prieur de la Marne et lui avaient été remplacés par le même vote qui nomma aux places d'Hérault-Séchelles, Robespierre, Saint-Just et Couthon, et que son successeur à la marine dans le nouveau Comité était Bréard ?. La décisionde la Convention étant d'ordre général ne présentait point les caractères d’une disgrâce pour Saint-André ÿ, Bréard, d'autre part, avait été son collaborateur à Brest et était demeuré son ami. Néanmoins, le Représentant à Toulon écrivit le 22 thermidor (9 août), à son successeur dans le Comité : « Me voici au Port la Montagne
1. 24 thermidor au Comité de Salut public (Guerre : Corse). Jusque-là, les convois avaient circulé Je iong de la côte « pas un seul bâtiment français n’a été pris depuis que nous sommes à ce mouillage ». (Martin à Jeanbon, 13 thermidor, BB3 77, fol.118).
2.11, 12, 13 thermidor. Procès-verbal, t. XLIT, pp. 263, 274, 285. Le Comité de Salut public, reconstitué le 13 thermidor, comprend Barère, Lindet, C.-A. Prieur, Carnot, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois, anciens membres, Laloy, Eschasseriaux, Bréard, Thuriot, Treilhard, Tallien nouveaux élus. Les Mémoires apocryphes de Levasseur envoient Jeanbon Saint-André au Comité de Sûreté générale (t. IT, p. 275), ils le confondent sans doute avec André Dumont.
3. Le 11 thermidor, à la Convention, Barère vient demander de remplacer les « trois parricides » qui « étaient membres du Comité ». Merlin demande l’ajournement, un autre dit-que le Comité doit être composé de douze membres conformément à son organisation, Billaud se fâche, mais la Convention décrète qu’elle nommera le lendemain, par appel nominal, les membres qui doivent compléter le Comité de Salut public et le Comité de Sûreté générale. Ce décret n’est pas au procès-verbal de la séance (t. XLII, pp. 251-264), mais la mention en est au Monileur, t. XXI, pp. 361-363. Fréron dit que si le Comité de Salut public eut été complet, il se serait opposé à la tyrannie de Robespierre, il doit donc être toujours au complet : « Jeanbon et Prieur en sont maintenant absents. Je demande leur rappel, et que le Comité ne puisse jamais envoyer de ses membres en mission. » Barère lui répond que cet envoi peut être nécessaire, il cite l'exemple de Carnot, et ajoute : « Jeanbon a également servi la marine dans notre dernière expédition maritime ». Dubois Crancé reprend la thèse de Fréron : « Je demande qu'un membre du Comité de Salut public ne puisse rester en mission plus de quinze jours. » La discussion alors s’élargit, Cambon propose de modifier l’organisation du Comité de Salut public, et Tallien de renouveler les comités par quart tous les mois. La Convention décrète le principe du renouvellement par quart tous les mois (Procés-verbal de cette même séance permanente reprise le soir, t. XLIT, p. 266, et Moniteur, t. XXI, pp. 361-363). Le 12 thermidor, on décrète que l’appel nominal « pour le complément des membres des Comités de Salut public et de Sûreté générale aura lieu demain à midi » (Procès-verbal, t. XLIT, p. 274). Le 13, on nomme six membres « pour compléter le Comité de Salut public » (Procès-verbal, t. XLII, p. 285) Quatre étant morts (Hérault, Robespierre, Saint-Just, Couthon), c’est donc Jeanbon et Prieur de la Marne qu’on considère avec eux comme manquants et devant être remplacés. Mais on ne voit pas à quel moment l’idée de remplacer Jeanbon et Prieur a prévalu, et qui l’a émise, cela n'apparaît ni dans le Procèsverbal ni dans le Moniteur; en tout cas, c’est en vertu d’un principe qu’ils sont exclus : celui du maintien du Comité de Salut public au complet, et la discussion n’a point été hostile à Jeanbon. Bréard est nommé sans doute parce que, le 8 thermidor, il a fait rapporter le décret qui envoyait dans toutes les communes le discours prononcé par Robespierre.
par ordre du Comité, ce port, abandonné depuis sa reprise, avait besoin d’un coup-d’œil régénérateur. Les travaux commencent à marcher, l’ordre se rétablit, et l'application des mesures déjà prises à Brest, avec quelques additions et modifications nécessitées par la localité, ont opéré de bons effets. Nous avons cinq vaisseaux à armer, dont trois le seront en vingt jours, à cette époque les deux autres seront prêts à entrer en armement. Que me restera-t-il à faire ? à surveiller, ce qui sans doute est nécessaire, mais ce qui ne me convient pas. J'aurai, à la vérité, le soin administratif des départements, mais je suis peu propre à celte besogne. J'ai proposé à Barère quelques vues sur la guerre maritime de la Méditerranée : sile plan paraissait bon et qu’il fût adopté, je consentirais volontiers à seconder les vues du Comité en faisant tous mes efforts pour en faire réussir l'exécution. S’il ne l’est pas, j'ose croire ma présence à Brest plus utile dans l'intérêt public, ce n ‘est pas à toi que j'ai besoin de prouver cette vérité.
L'arrêté du Comité qui m'envoie ici porte, qu'après l’organisation de ce port, je retournerai à Brest. Mais dois-je décider seul le moment précis où je quitterai le Port la Montagne ? Peut-on laisser cet élablissement important sans un Représentant du Peuple ? Non. Si donc
le plan proposé n’a pas lieu, il faut promptement nommer le succes-
seur qui doit me remplacer, et me laisser aller au poste où toi-même tu m’as dit souvent que ma présence était nécessaire : je visiterai Rochefort en passant comme on me l’a prescrit, et mon successeur en arrivant ici trouvera le port organisé... Si l’on veut me rappeler à la Convention, à la bonne heure, j'en serai plus tranquille, mais si l’on veut que je suive ma mission, qu’on lève l'obstacle qui s’y oppose !, »
Il paraît tout naturel, qu’à la suite d’un changement dans le personnel gouvernemental, le Représentant en mission à Toulon ait of-
fert de rendre ses pouvoirs. Toutefois, on peut déméler dans cette
lettre une nuance de regret, peut-être même le dépit d’être exclu du
Comité de Salut public. Deux jours plus tard, un décret que nous
n'avons pu retrouver, et qui écartait des fonctions publiques les ministres de tous les cultes, décida Jeanbon à demander nettement son rappel : «ce décret me frappe directement, écrivit-il au Comité de Salut public, il pourrait nuire à l’intérêt public dans l'exercice de la mission que vous m’avez confiée ; je dois voir la patrie avant tout ; je vous prie donc de vouloir bien me nommer un successeur et me permettre de quitter le poste auquel votre confiance m’avait appelé » ?. En attendant que le Comité eût statué sur son cas, le Représentant partit pour le golfe Jouan, afin de ramener le calme à bord de l’es-
1. BB3 62, fol. 187. La lettre se termine ainsi : « J'attends de ton amitié une prompte réponse et un successeur. J’embrasse ta petite et grosse femme si elle l’est encore. Adieu, mon cher ami. »
2. BB? 62, fol. 188. Le décret dont il parle nous est totalement inconnu, nous n’en avons trouvé trace ni au Procès-verbal, ni ailleurs.
ni)
QY gi
see nel à
dd be dde Lhice de ie Som ld ET e é