‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 736 sur 889 · PREMIERS SYMPTÔMES DE RÉACTION Ï · texte numérisé non relu

PREMIERS SYMPTÔMES DE RÉACTION Ï

La situation nouvelle se dessina, mais lentement, durant fructidor an Ilet aux premiers jours de vendémiaire an III (fin août et septembre 1794).

La majorité de la Convention n’affirmait pas encore son hostilité à la Montagne. Le 10 fruclidor (27 août), Lecointre ayant dénoncé Billaud-Varenne, Collot d'Herbois et Barère, les anciens collègues de Saint-André au Comité de Salut public, ainsi que Vadier, Voulland, Amar, David du Comité de Sûreté générale, la Convention après quelques hésitations déclara ses accusations fausses et calomnieuses. Le 15, elle nommaïit au Comité de Salut public quatre montagnards, Delmas, Cochon, Merlin de Douai, Fourcroy ‘. Mais le 29 thermidor elle inaugurait la revision des arrestations précédemment ordonnées, le 7 fructidor elle prescrivait le renouvellement des Comités révolutionnaires et soumeltait leurs actes à un contrôle.

Quant à la marine, le Comité de Salut public,le 27 fructidor (13 septembre), confirmait par un arrêté les dispositions édictées par Jeanbon le 24 prairial contre les officiers qui, naviguant en armée, escadre ou division, se sépareraient du commandant sans force majeure. Mais Bréard s'était empressé, le 12, de relâcher le lieutenant de vaisseau Larcher, sa créature, emprisonné par Jeanbon et, par suite, ennemi mortel de Jeanbon. Bientôt après, Larcher fut nommé capitaine de vaisseau ?. D’autres réintégrations suivirent, peul-être très justifiées du reste. Enfin, l'attitude de Bréard et du Comité de Salut public vis-à-vis de la marine de Brest, attitude sur laquelle nous reviendrons, provoquait le 4 fructidor (21 août) une lettre inquiète de Saint-André à son successeur au Comité : « veille sur la marine, mon cher Bréard », lui écrivait-il *.

Dans les départements de l’ancienne Provence, la réaction'se prononÇait davantage, et les terroristes s’organisaient pour lui résister. Dans ce pays, le triomphe de la Montagne était relativement récent, plus qu'ailleurs, nous l’avons dit, il s’était accompagné de proscriptions impitoyables et de spoliations, il y avait eu transmission radicale et complète aux partisans de la Montagne de tous les biens des émigrés et des condamnés; les parents, les amis des vaincus n’avaient pas renoncé à la revanche, les vainqueurs étaient demeurés sur le qui vive. À la fin de thermidor, on songeait dans

1. Procès-verbal, t. XLIV, pp. 188, 214, 230-242 ;.ibid., p. 278. Lecointre Laurent, né à Versailles en 1744, marchand de toiles à Versailles, administrateur du département, député de Seine-et-Oise à la Législative et à la Convention, exilé sous le Consulat, mort à Guignes (Seine-et-Marne), le 4 août 1805 (Dict. des Parlementaires). Fourcroy (Antoine- François de), né à Paris en 1755, médecin de la Faculté de Paris, membre de l’Académie des Sciences, professeur de chimie au Jardin du Roi en 1784, député suppléant de Paris à la Convention, y entra en juillet 1793, membre des Anciens, directeur général de l'instruction sous le Consulat, mort le 16 décembre 1809 (Aulard Actes du Comité de Salut public, t. 1, p. 49).

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