‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 737 sur 889 · Catalogue Et. Charavay, nous reviendrons sur ce document · texte numérisé non relu

Catalogue Et. Charavay, nous reviendrons sur ce document

ces départements à opérer une nouvelle épuration révolutionnaire, el, d'autre part, le 15 thermidor déjà, la Convention recevait des dénonciations contre Maignet !. Aussi, dès le 5 fructidor, la Société populaire de Marseille protesta contre la politique d’indulgence de la Convention, le 11, les Jacobins se firent l'écho de cette protestation ainsi que des plaintes de tous les clubs des départements méridionaux ?,

Jeanbon, sur ces entrefaites, se rendit une seconde fois à Marseille, afin d'y ramasser, semble-t-il, des subsistances pour la marine. Il s’y trouvait le 11 fructidor (28 août) *, et le 13, dans une proclamation, il jugea sévèrement une adresse du directoire du district à la Convention, . adresse que nous n'avons pas retrouvée mais qui se permettait de censurer l’Assemblée. Le Représentant déclara que c'était là une véritable manifestation de fédéralisme. Interrogé à ce propos dans la Société populaire, Jeanbon « parla principes et révolution en véritable montagnard », et ajouta toutefois que le district était sorti de la sphère de ses attributions, les corps administratifs étant essentiellement subordonnés à la Convention Nationale et n’ayant point le droit de lui faire des réclamations, encore moins de lui adresser des reproches *. Durant tout son séjour, il fut entouré d’espions apostés par le club, traité avec froideur par les autorités constituées, et il dut le 18 fructidor (4 septembre), intervenir pour suspendre des visites domiciliaires ordonnées par la municipalité *. Démocrate fervent, et néanmoins soumis à la Convention, soucieux de la faire respecter en sa personne, considérant comme des fédéralistes, quelle que fût leur étiquette, tous ceux qui se détachaient d'elle, Jeanbon se trouvait placé entre ses coreligionnaires politiques qui violaient Ia loi, et son devoir qui l’obligeait à la leur imposer. Il exprima pour la seconde fois à Bréard, le 11 frucHdor son désir d’être rappelé *.

Maïs un décret venait d’être rendu, le 4 fructidor, qui le maintenait au Port la Montagne avec la mission spéciale de diriger les

1. Procès-verbal, t. XLII p. 314, XLIII p. 176, XLIV p. 127, XLV p. 120. AFn 91.

8. Biblioth. nationale Lb#0, n° 2796, Aulard, Jacobins, t. VI, p. 392.

3. Lettre de lui à la municipalité de Marseille à cette date (Arch. commun. Marseille, série A, n° 53-55).

4. Aulard, Jacobins, t. VI, p. 461 ; Jeanbon à Dalbarade, Port la Montagne, 24 fructidor (AFn 58). Lettre de la Société populaire de Marseille dans la correspondance des Jacobins, mentionnée au Journal de la Montagne, du 30 fructidor an I, t. Il, n° 139 du Journal (Biblioth. nat., Le?, n° 786).

5. À Dalbarade, 24 fructidor ; à la municipalité de Marseille, 18 fructidor, ordre de surseoir à cette mesure jusqu’à l’arrivée d’Auguis et Serres, « qui seront ici ce soir ou demain ». Jeanbon, lui, quitte Marseille « la nuit prochaine pour le Port la Montagne » (Arch. commun. Marseille, série A, n° 53-55). Il a, le 17 fructidor, pris un

arrêté relatif aux deux théâtres de Marseille (L 245 district, Arch. Bouches-du-Rhône).

6. Analyse très sèche de sa lettre dans BB? 838 Marine. Avait-il déjà annoncé son intention à Prieur, ou celui-ci était-il au courant de la première demande de:rappel adressée par Jeanbon à Bréard fin thermidor ? Toujours est-il que Prieur, le 9 fructidor, adresse à Jeanbon une lettre « au Port de la Montagne ou à Bordeaux » (Arch. ” commun. Brest).

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