‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 740 sur 889 · PREMIER CONFLIT AVEC NIOU IE · texte numérisé non relu

PREMIER CONFLIT AVEC NIOU IE

district. Les meneurs, disait-il encore, « ont fait remettre dans les fers ceux que Maignet avait élargis, ils menacent d’égorger, et je ne

serais pas surpris qu’on vint aujourd’hui même nous apporter la nou-

Yelle d’une Saint-Barthélemy politique exécutée par ces hommes féroces. ». Il faisait observer que « la tranquillité du Port la Montagne

dépend de celle de Marseille », et il conseillait au Comité de Salut

public de ne pas se laisser « séduire par des protestations de patriotüisme emphatiques et par conséquent mensongères », de frapper sans pitié «les fripons » de Marseille, d’arracher «les racines du fédéralisme qui y vivent encore quoique l’on en puisse dire, et quoique on les désigne sous le nom de Montagne, comme autrefois on les désignait sous le nom de République une et indivisible !». À ce moment, le 25 fructidor, aux Jacobins, des Marseillais protestaient de l’obéissance de leur ville à la loi, mais ajoutaient à l'adresse de la Convention : « Que les départements n’avaient pas donné à leurs députés l’infaillibilité en partage ». Le 27, les mêmes déclaraient dans la même enceinte : « Les aristocrates nous ont livré une guerre à mort; il nous faut donc la leur déclarer ? ». Revenus le 26 fructidor (12 septembre) à Marseille, Auguis et Serres firent arrêter Reynier et remplacèrent le général Vouland commandant de la place. Le 27, Reynier transféré à Paris fut délivré sur la route par un coup de force de ses amis, Vouland refusa d'abandonner le commandement que lui enlevaient les Représentants, et ceux-ci furent menacés dans la Société populaire.

Dès qu'il en fut averti, le Comité de Salut public réuni aux Comités de Sûreté générale et de Législation, fit décréter le cinquième jour sans-culottide de l’an IT (21 septembre 1794), la mise hors la loi de Reynier, l'arrestation de Vouland, l'épuration du club et des autorités de Marseille *. Quant à Jeanbon, le 27 fructidor, il sollicita du Comité de Salut public, pour la quatrième fois, son rappel: « C’est une justice que vous ne pouvez me refuser et que je réclamerai jusqu’à ce que je l’aie enfin obtenue ». Il prétextait sa santé, mais il est probable que l'obligation de combattre les Montagnards de Marseille lui paraissait de plus en plus pénible, bien que leur attitude factieuse l’irritât profondément ‘. Le lendemain, il répétait à Bréard la même demande en alléguant les progrès de la réaction à Brest.

Sa lettre au Comité de Salut public, le récit par Auguis el Serres fe troubles du 27 furent lus dans la Convention le 2? vendémiaire et y accentuërent la scission entre les thermidoriens et la gauche de l’As-

1. Jeanbon à bare 25 fructidor (AF1 58 et Moniteur, t. XXII, pp. 57-60). Serres et Auguis au Comité de Salut public (AF1r 58). Voy. aussi Jeanbon au Comité de Salut publie, 27 fructidor (BB* 838).

. 2. Aulard, Jacobins, t. VI, pp. 456, 461-462.

3, Procés-verbal,t. XLV, pp. 360-367. AFn 58, Moniteur, t. XXII, pp. 57-60. Le Comité de Salut public à Jeanbon, 5° sans- -culottide, en lui annonçant le décret : « Nous sommes bien sûrs que tu n’épargneras rien pour écraser nos ennemis » (AF 30).

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