Analyse dans BB
semblée. Aux reproches du réactionnaire Durand-Maillane des Bouches-du-Rhône, soutenu par Barras et Fréron, les conventionnels montagnards des Bouches-du-Rhône, Granet et Moyse Bayle, répondirent au milieu du tumulte en sommant Barras et Fréron de s’expliquer sur les concussions et les vols qui leur étaient imputés ‘. D'autre part, le décret du cinquième jour sans-culottide n’eut d'autre résultat que de porter au paroxysme la fureur-des démocrates de Marseille, et les Comités révolutionnaires, dans tout le département des Bouchesdu-Rhône, refusaient d’obéir au décret du ? fructidor. Jeanbon avait envoyé à Marseille neuf cents hommes de la garnison de Port la Montagne, et Dumerbion avait substitué à Vouland un officier indépendant des clubistes, le général Villemalet. Les administrations du district et du département furent remplacées le 2 vendémiaire ?, et dans la nuit du 4 au 5, le décret du cinquième jour sans-culottide fut exéculé, on apposa les scellés sur les papiers du club, on arrêta vingt de ses principaux membres. Alors, le 5 vendémiaire (26 septembre), des rassemblements se formèrent : dispersés par la troupe, les émeutiers organisèrent des farandoles qui, parcourant les quartiers populaires, appelèrent le peuple aux armes, et ils vinrent demander avec
1. Procès-verbal, t. XLVI, p.41. Moniteur, t. XXII, pp.57-60 : l'anarchie des idées dans la Convention est alors telle que Fréron reproche à Bayle et Granet d’avoir combattu Marat, « l'homme immortel que vous avez conduit au Panthéon il y a deux jours ». Voy. aussi le Comité de Salut public à Auguis, Serres et Jeanbon à Marseille, 2 vendémiaire (AF11 30). Durand de Maillane, né à Saint-Remy (Bouches-du-Rhône) en 1729, avocat au parlement d'Aix, député du Tiers-État de la sénéchaussée d'Aix aux États-généraux et des Bouches-du-Rhône à la Convention, puis aux Anciens, emprisonné momentanément après le 18 fructidor, juge à la cour d’appel d'Aix sous l’Empire, retraité en 1809, mort à Saint-Remy en 1814 (Dictionnaire des Parlementaires). Granet (François-Omer), né à Marseille, en 1758, tonnelier, administrateur des Bouches-du-Rhône, député des Bouches-du-Rhône à la Législative et à la Convention, maire de Marseille sous le Consulat, exilé en 1816, rentré en 1818, mort à Marseille en 1821 (ibid.). Moyse Bayle, né à Genève, protestant, officier municipal de Marseille, procureur-général syndic des Bouches-du-Rhône, député des Bouches-du-Rhône à la Convention, employé au ministère de la police en ‘1799, rentré dans la vie privée au 18 brumaire, proscrit en nivôse an IX, mort vers 1815 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. II, p. 21).
8. AFn1 58. Vouland (Alexandre), né à Uzès (Gard) en 1725, lieutenant au régiment Royal-Lorraine en 1757, réformé avec le corps en 1749, lieutenant de grenadiers au régiment de l'Ile-de-France en 1753, capitaine en 1757, réformé en 1763, premier capitaine des grenadiers royaux au régiment provincial d'Anduze en 1771, réformé en 1775, premier capitaine de grenadiers au 5e régiment d’État-Major en 1778, retraité en 1782, général de brigade à l’armée des Pyrénées-Orientales le 1er octobre 1793, de division le 10 germinal an II, employé dans l'Hérault par arrêté du Comité de Salut public du 12 messidor an IT et le 3 thermidor à Marseille, n’a pas été compris dans la réorganisation du 25 prairial an III. Ferreau-Villemalet (Pierre), né en 1760 à Ville-. malet, commune de la Rochelle (Charente), entre le 28 janvier 1782 au 6° régiment de chasseurs à cheval, caporal en 1785 au bataillon de chasseurs des Ardennes, reçoit en 1789 son congé absolu. Capitaine le 1e décembre 1791 au 1er bataillon de la Charente, lieutenant-colonel en second de ce bataillon le 28 février 1793, le 19 août chef de ce bataillon, le 16 messidor an IL général de brigade à l’armée des Alpes, le 5 brumaire an [1I général de division, non compris dans la réorganisation du 25 prairial an III, avait combattu à Jemapes, Aix- la-Chapelle, Neerwinden (Arch. administratives, Guerre).