‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 742 sur 889 · IL ACCUSE À NOUVEAU DUMERBION · texte numérisé non relu

IL ACCUSE À NOUVEAU DUMERBION

menaces aux Représentants l'élargissement de leurs amis détenus. Auguis et Serres les sommèrent de se relirer, mais Auguis fut pris au collet, on déchira ses vêtements, on braqua des pistolets sur sa poitrine. La troupe arriva et dispersa les mutins, leurs chefs furent

livrés à une commission militaire, et le club, le tribunal criminel furent épurés ‘: Le mouvement avait eu son contre-coup au Port la

Montagne, des ouvriers, des marins originaires de Marseille s'étaient enfuis pour aller soutenir leurs coreligionnaires politiques dans la grande ville voisine ?.

Ces faits troublèrent au plus haut point Saint-André. Il interdit toute communication entre Marseille et le Port la Montagne, et il envoya des patrouilles ramasser les déserteurs *. Comme Dumerbion ne lui avait pas envoyé les troupes qu’il réclamait depuis plus d’un mois, comme il était averti de Gênes que la flotte anglaise n'avait pas renoncé à une tentative de débarquement sur la côte, il fit entre les derniers événements les mêmes rapprochements que le 9 thermidor lui avait précédemment suggérés. Le 5 vendémiaire, ne connaissant pas encore les nouveaux désordres de Marseille, il écrivait au Comité de Salut public que le projet de descente des Anglais « se liait sans doute aux mouvements contre-révolutionnaires de Marseille, et sans doute on espérait qu’en portant nos forces sur cette ville agitée avec précipitation, nous dégarnirions les points intermédiaires et nous laisserions à nos ennemis la facilité de couper toute communication entre l’armée d’Ilalie et nous, c’est toujours le plan que je vous ai dénoncé dans les premiers jours de mon arrivée dans ce port * ». Le 6 vendémiaire, il écrivit au Comité : « On voit clairement la liaison de toutes les parties du plan de contre-Révolution qui avait été ourdi, et la complicité presque démontrée du général Dumerbion; malgré

vos arrêtés, malgré les instances les plus vives et les plus répétées,

les garnisons du Port la Montagne et de Marseille n’ont pas été complétées “. » Cette fois encore, les soupçons de Saint-André s’éga-

- raient. Si Dumerbion n’avait pas expédié de renforts au Port la

Montagne c’est qu'il avait dû garder son armée concentrée comme en thermidor, le projet d’une attaque en Piémont n'étant pas abandonné. Le 5° jour sans-culottide seulement, vainqueur des Austro- Piémontais à Dego, le général de l’armée d'Italie recouvra la liberté de ses mouvements 5. Quant à la présence de l'amiral Hood sur nos

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