BB 57, fol
3. Les sept vaisseaux de Martin trouvent prêts en rade l’Anti-féderaliste et Le Ga Ira de 80, le Guerrier, le Mercure, le Peuple Souverain, l’Alcide, le Barra de 74 canons, {e Conquérant de 74 presque terminé.
4. Krebs et Moris, p. 207. Jeanbon à ses collègues près l’armée d'Italie, 17 brumaire (BB3 62, fol. 280) et au Comité de Salut public, 18 brumaire (ibid., fol. Me
DSP PER PT
reprendre absolument l'empire de la Méditerranée, et tel est notre
but. Pour y réussir, nous avons regardé comme le premier et le plus indispensable de tous les points la reprise de l’île de Corse. Nous ne pouvons, sans le plus grand risque de la perdre à jamais, laisser aux Anglais le temps d’y consolider leur conquête. En conséquence, nous avons formé le projet d'attaquer cette île sans aucun délai par 10 à 12,000 hommes qui seront tirés de l’armée d'Italie ; nous t’adressons copie de l'arrêté pris en conséquence, nous L’invitons, cher collègue, à en ordonner et en suivre l'exécution avec cette énergie et ce dévouement qui te caractérisent. Nous l’invilons à te concerter pour cet objet avec nos autres collègues, et particulièrement avec Saliceti chargé de diriger les forces militaires et l’esprit public dans l'intérieur de la Corse qu’il connaît parfaitement. Tu voudras donc bien, cher collègue, te metlre à la tête des forces maritimes, presser l'expédition, poursuivre les Anglais et procurer à la nation la gloire nouvelle du gain d’une victoire navale, la plus mémorable, s'il est possible, dont il soit fait mention dans l’histoire de la marine... Tu dois sentir combien, pour une pareille expédition, il est important que le plus grand concert règne entre tous les Représentants du Peuple, tant ceux qui resteront à terre que ceux quis’embarqueront. Tu connais, cher collègue, quelle est la confiance du Comité dans tes talents et ton zèle. » l
Une autre lettre rédigée par Carnot le même jour, pour les Représentants près l’armée d'Italie, leur: fit part des décisions du Comité dans les termes suivants : « Nous avons pensé que deux Représentanls du peuple devaient s’embarquer pendant que les deux autres demeureraient à terre, et c’est de la correspondance et du concert intime entre ces collègues que peut seul résulter le succès le plus glorieux pour les armées de terre et de mer de la République. Nous avons désigné Jeanbon-Saint-André et Saliceti pour l’'embarquement, le premier à cause de son expérience dans la marine, le second à cause de sa parfaite connaissance de l’île de Corse. Ritter et Turreau doivent rester à l’armée, tant pour la surveiller, que pour la direction des affaires diplomatiques qui peuvent devenir très impor-
tantes en ce moment.
« Vos lumières, chers collègues, et votre amour de la patrie nous sont des sûrs garants du succès de cette entreprise importante *, »
Ces deax lettres de Carnot sont bien édifiantes. Le Comité dressait des instructions en vue d’une grande expédition maritime, et dans le texte même de ces instructions, d’une part il avouait que les forces destinées à l'expédition étaient très faibles, d'autre part il laissait percer la créinte que des dissentiments vinssent à surgir entre les Représentants qu’il chargeait d'organiser l'opération.