Guerre : armée d’Italie
4. BB? 57, fol. 35; Auguis et Serres au Comité de Salut public, Port la Montagne, 11 brumaire (BB? 838), BB 57, fol. 37-38, Procès-verbal de la Convention, t. XLIX, p. 41.
annoncèrent à leur collègue l’heureuse nouvelle ‘. Jeanbon l’apprit le 12 à Avignon, et il écrivit au Comité de Salut public : « Peut-être est-ce une chose bien étonnante que la campagne maritime qui a eu lieu cette année dans la Méditerranée. Il sera difficile de croire que 7 vaisseaux de ligne en aient occupé 30 pendant six mois, et qu’ils soient rentrés au port sans qu’on ait même osé les attaquer. » Il revint au Port la Montagne ravi de l’événement, et pour parer à toute éventualité il ordonna, le 17 brumaire, de fournir sous dix jours quatre mois de vivres à l'escadre ?.
15 vaisseaux, 10 frégates étaient maintenant réunis au Port la Mon-
tagne *. D'autre part, les Autrichiens refusaient définitivement de combiner avec la flotte anglaise l'attaque de notre littoral que l'amiral Hood leur proposait depuis trois mois. Préoccupés de ce qui se passait en Pologne, ils ne tenaient pas à s'engager dans des entreprises importantes sur la frontière de France et d'Italie. Il est vrai que Ritter et Turreau à l’armée d'Italie, Jeanbon au Port la Montagne ne connurent rien de cette décision des ennemis, et que la vue de la flotte anglaise continuant sa faction le long de nos côtes demeura pour Saint-André un sujet d’inquiétudes ‘.
Informé de la rentrée de Martin au Port la Montagne, le Comité de Salut public s’affermit naturellement dans ses projets sur la Corse. Carnot rentré au Comité le 15 brumaire pressa les préparatifs. Il désigna Jeanbon pour embarquer avec Saliceti sur l’escadre, et il en informa le Représentant au Port la Montagne le 22 brumaire (12 novembre) par une lettre qu’il faut citer in extenso : « Frappés comme toi, cher collègue, de la nécessité de prendre l’ascendant dans la Méditerranée, nous nous sommes résolus à y faire passer une division de l'Océan. Cette division, il est vrai, n’est pas telle que nous la voudrions, mais elle est la plus forte que puissent comporter la sûreté de nos côtes et celle de nos croisières, elle est de six vaisseaux de ligne avec les frégates et autres bâtiments convenables pour un armement de cette force. Inutilement eussionsnous voulu rendre cette division plus forte, les vivres man-
quaient absolument, il n’y a d’obus et de boulets incendiaires que pour ce nombre de bâtiments, et les agrès des autres sont dans un tel état de besoin que, pour les réparer, il eût fallu et beaucoup de temps et des matières premières dont il y a un déficit immense. Mais nous croyons que cette division, jointe aux escadres actuellement réunies au Port la Moutagne sera, par le nombre des bâtiments, la force des équipages et la nature de l’armement, très en élat de
1. Auguis et Serres au Comité de Salut public, 11 brumaire, Jeanbon au Comité de Salut public, d'Avignon, 12 brumaire (BB? 838).