‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 76 sur 889 · Brouillon de léttre du 26 septembre · texte numérisé non relu

Brouillon de léttre du 26 septembre

3. Lettre de Bordeaux, le 7 octobre 1790, au Consistoire de Montauban (Arch. du

Consist. Montauban).

nouvelle ‘. De plus, la persécution a exalté leur orgueil, c'est eux qu'ont frappés les ennemis du bien public, ils se considèrent comme . «les premiers martyrs de la liberté française ? », d'eux, croient-ils, dépend son succès définitif. Pourtant leur ferveur révolutionnaire ne prévaut point encore sur leur attachement à la royauté : « Si notre doctrine, dit Jeanbon, eût été moins pure, si au lieu de recommander la soumission à l'autorité légitime elle eût autorisé la révolte, favorisé l'insubordination et prêché la guerre civile, nous aurions élé traités avec moins de rigueur ». Ils ignorent que Louis XVI, à en croire un témoignage *, était favorable à leurs persécuteurs : les royalistes de Montauban lui auraient, dans le moment de leur supériorité après le 10 mai, envoyé une adresse « pour exprimer, dit d'Elbreil, notre indignation des atteintes « portées à son autorité, ainsi que nos vœux pour son rétablissement « et notre ardent désir d'y contribuer », et à - d’Elbreil, auteur de l'adresse, M. de Villequier aurait répondu: « le roi me charge de vous exprimer tous les regrets qu’il ressent d’être empêché par les liens de sa captivité de ne pouvoir Her aux habitants de Montauban les sentiments qu’il éprouve ‘».

Jeanbon, à Montauban du moins, n’a pu passer des paroles aux actes jusqu'à la fin de 1790; son collègue, Robert, personnage du reste assez effacé, reprit son service en septembre, lui-même était poursuivi de colères plus implacables. Réfugié à Toulouse à la fin de juin, nous le trouvons en septembre à Bordeaux chez Pierre Sers *. Présenté au club des Amis de la Constitution de cette ville 5, il y fit connaissance des Girondins, notamment de Grangeneuve, fut même du bureau, et lancé dans le monde politique bordelais, craignant peut-être de ne pouvoir de longtemps rentrer à Montauban, il eut un instant la pensée. de se fixer définitivement à Bordeaux; les partisans qu’il y comptait en 1778 dans la communauté réformée, « instruits que la Providence qui dispense les événements à son gré a conduit dans notre sein un

1. « Les églises réformées, accablées, anéanties, ne purent aider en rien à la Révolution », dit E. Quinet dans la Révolution, t. 1, p. 103, tome XIII de l'édition des œuvres complètes, les églises oui, mais non leur doctrine, leurs pasteurs, leurs fidèles, et c'est ce que tout le troisième chapitre va démontrer.

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