AF‘11 139. Es
7..-Arrêté de Tréhouart et Faure du 17 frimaire modifiant l'arrêté de Jeanbon du 24 prairial (collection Maurice Loir); BB3 51, fol. 328, BB‘ 36, fol. 151 et 231, ibid., fol. 152. La Convention décréta que la division du contre-amiral Nielly avait bien mérité de la patrie (22 brumaire, Procès-verbal, t. XLIX, p. 125), il n’y avait vraiment pas de quoi, /’Aleæander ayant à peine résisté. ; |
‘gates continuent à ramasser les bâtiments marchands de l’enneini. Mais nous perdons une frégate, {a Révolutionnatre, enlevée le 1% brumaire ‘, et la majeure partie de l’escadre reste toujours inactive en rade de Brest. Le Comité de Salut public a décidé, le 11 vendémiaire, l'envoi au Port la Montagne de six vaisseaux, conformément au plan
qu'il a adopté pour les opérations dans la Méditerranée ; le 13 brumaire, il nomme au commandement de cette division, Renaudin, le Capitaine du Vengeur rentré en France et promu contre-amiral en date du 5 octobre (14 rendémiaire); le 14 brumaire, le Comité désigne les vaisseaux qui doivent composer cette force navale ?. Mais Carnot lui-même nous a renseignés sur les conditions dans lesquelles doit se faire l’opération.
Une première conséquence de cette situation, c’est que Jeanbon, en sa qualité d’ancien terroriste, est forcément atteint dans son autorité. Cependant, il cède lui-même au courant. Le 12 brumaire, Porcher, au nom des Comités de Salut public, de Sûreté générale et de Législation, est venu proposer à l’Assemblée la suspension de toute poursuite contre les chefs du mouvement girondin à Bordeaux, c’està-dire contre les membres de la commission populaire traduits un an auparavant au tribunal révolutionnaire de Paris, il n’a fait exception que pour Pierre Sers : un amide Sers écrit le 20 brumaire à Jeanbon
“au Port la Montagne, en faveur du proscrit, et il joint à sa lettre un mémoire de Me Sers eu priant Jeanbon de l’appuyer. Sers, lui dit-il, fut la première cause, « et nul ne le sait mieux que vous », de la marche des Bordelais sur Montauban après le 10 mai 1790. Jeanbon, le 30 brumaire, adresse le mémoire à Porcher en l’accompagnant d’une lettre pressante : « J'ai été lié avec Pierre Sers, la diversité d'opinions politiques m'en avait à peu près fait un ennemi. Eh bien! je dois cet hommage à la vérité que Pierre Sers est un homme droit et probe, qu'il n’a jamais eu dans son cœur que l’amour du pays, et que, même en se trompant, il croyait le servir », et Jeanbon rappelle à son tour à Porcher le service que les patriotes de Montauban et luimême reçurent des Bordelais à l’instigation de Sers en 1790. Le 17 frimaire, Porcher lira cette lettre à la Convention, et c’est à la suite que sera rapporté le décret du 27 germinal, que toute mise hors la loi et tout jugement prononcés pour faits de fédéralisme seront annulés *. À Brest, d'autre part, Jeanbon fait relâcher l'administrateur
1. BB: 51, fol. 332 ; Guérin, p. 486; Procés-verbul, t. LI passim,
2. Collection Maurice Loir. Le 22 brumaire, Vautier remplace sur l'arméc navale Delmotte envoyé à Toulon, et Thirat, contre-amiral, lui succède comme commandant des armes (AF*11 139). Le 8 brumaire, le Comité de Salut public arrête que cinq contre-amiraux nommés à l’ancienneté et Renaudin, Leissègues, Delmotte également promus, prendront rang, comme les cinq promus par Jeanbon à Brest, à dater du 26 bramaire an IL. Les cinq promus à l'ancienneté sont Bolle, Vence, Vautier, Dalbarade et Thirat (AF*11 139), Leissègues a été promu pour sa merveilleuse campagne avec Victor Hugues aux Antilles, Renaudin à la suite de la légende qui s’est créée sur Le Vengeur.
3. Moniteur, t. XXII, pp. 411 et 691. Arch. commun. Foulon, série D. AFn 45, Procès-verbul, t. LI, p. 25; Moniteur, t. XXIV, p. 191, décret du 22 germinal.
Cavelier !. Ces démarches généreuses mériteraient une pleine approbation si elles ne ressemblaient pas à une manœuvre politique. Certes, Saint-André ne renie point ses préventions contre les adversaires de la Montagne. Il écrit à Porcher : «Les erreurs de P. Sers sont les crimes de ‘Gensonné », il déclare que les collègues de Sers, dans la commission populaire de Bordeaux, étaient des hommes « profondément tarés et suspects », on n’a; dit-il, entraîné Sers dans le parti girondin « qu’à force de ruses et de perfidies ». Néanmoins, dans la circonstance, on se demande si Jeanbon, plus ou moins consciemment, n’a pas eu l’idée de donner des gages au parli vainqueur.
En tout cas, les ennemis de la Montagne ne lui en sauront pas gré, il faudrait des palinodies complètes, des apostasies sans réserve pour les apaiser.
Jeanbon ne voit pas seulement son prestige menacé et sa situation compromise au Portla Montagne, la lettre de Carnot qu’il reçoit à propos de l'expédition de Corse lui montre que les plans qu’il a. proposés sont lamentablement tronqués et que leur succès est compromis parce qu’on n’a pas su maintenir cette DHSAPSE navale qu’il avait donnée à la France sur l'Océan.
On peut se figurer quelles sont ses pensées quand on lit aux archives de Toulon les lettres qui lui sont adressées de Brest durant cette période. Armand Verteuil lui annonce la suppression du tribunal révolutionnaire, suppression déterminée « par l’erreur dans laquelle ceux qui avaient raison de redouter ce tribunal ont jeté les Représentants d'ici : scellés mis sur tous les papiers avec les mauvais procédés de suballernes qui sentent d’où vient le vent et le suivent... Ton inspecteur du port regardé comme une cinquième roue à un charriot.... Ah! mon ami, qu'il est dur pour de vieux républicains aussi amis de la justice et des vrais principes que nous l'avons toujours été, mon frère et moi, de se voir, l’un condamné à se justifier et l’autre à mener une vie errante et inutile! Mais j'ai tort de parler ainsi, puisque tous les genres de tracasseries sont ton partage. - Sané est toujours malade, de chagrin surtout. Le parti clabaudant et dominant à Brest est si fort pour le moment, si inquiétant pour les âmes sensibles qui ont plus d’honnêteté que de fermeté, que Sané ne vit plus. Le long supplice que l’on fait subir à mon frère y contribue pour beaucoup ». Donzé-Verteuil écrit de son côté au Représentant à Toulon, « le cœur plein de douleur, d’innocence et d’amitié », Sané, lui, renouvelle à Jeanbon l'assurance de ses sentiments de reconnaissance : « Je n’oublierai jamais tous les témoignages d'estime, d'amitié et de confiance que vous m'avez donnés depuis que j'ai eu le bonheur d’être connu de vous »; mais je crains, ajoute-t-il, de perdre bientôt « des avantages de ma place que vous avez arrêtée et confirmée, on est jaloux de me voir diriger seul, dans le premier
Noter que d’après une lettre de Donzé-Verteuil à Jeanbon, 2 brumaire, Dubois- Crancé demeure en bons termes avec tous deux (Arch. commun. Toulon, série D). 1. AF*n 139,