‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 773 sur 889 · D10, fol. 76, D20, fol. 9 verso. Arch. commun · texte numérisé non relu

D10, fol. 76, D20, fol. 9 verso. Arch. commun

4. AFrt 144, DI0, fol. 76 recto. Toulon ; BB 62, fol. 220, Marine, et Arch. commun. Toulon; Recueil des arrêtés du citoyen Jeanbon; AFir 144. Suppression des cabarets (D10, fol. 76 verso, 82 recto. Toulon), réincarcération de forçats libérés (AF11I 189),

nir ! ». Les contre-révolutionnaires saisis sont envoyés au tribunal criminel du Var ou traduits devant le tribunal militaire du Port la : * Montagne jugeant révolutionnairement, depuis que le Comité de Salut public a suspendu, le 13 thermidor, le tribunal révolutionnaire d'Orange ?.

Grâce à ce système, le Représentant garde sous sa direction une population homogène et obéissante, appartenant toute entière à la classe démocratique et au parti montagnard. Mais il est visible en brumaire et frimaire que cette situation ne pourra se prolonger davantage. Les émigrés rôdent autour du Port la Montagne, organisent le banditisme sur les routes qui y conduisent et dans la forêt de Cuges. Un bataillon que Jeanbon fait venir d'Avignon à la fin de fructidor pour assurer l'ordre renferme des adversaires de la Montagne, et il n’y a pas à compter sur le commandant de la place, le général Pierre *. L'agent national qu’a fait arrêter le Représentant est mis en liberté parle Comité de Salut public, à linstigation de Barras et Fréron sans doute. Jeanbon lui-même comprend qu'une absolue rigueur n'est plus de circonstance. Il lève la détention du contre-amiral de Martel, et prononce malgré les observations du Comité de Surveillance d’autres élargissements ‘. Bien plus, des émigrés ayant élé rencontrés et capturés en mer par la frégale Za Minerve, il surseoit vis-à-vis d’eux à toute décision, tandis qu’à Brest il a envoyé au tribunal révolutionnaire un proscrit de même catégorie, saisi dans des circonstances identiques *. La désorganisation de la colonie révolutionnaire est prochaine. Seule la présence de Saint-André l’a retardée jusqu’à présent.

Le maintien de cette colonie d'ouvriers et de marins a rendu possible le développement des forces navales du Port la Montagne, mais pour les porter à un haut degré de puissance le concours du gouvernement central était nécessaire, et ce concours a fait défaut.

1. Jeanbon au Comité de Salut public, 2 fructidor (BB# 42 fol. 105). 2. AFu 145; L 1733, fol. 87 recto, Arch. du Var, envoi des prévenus à Orange; AF1r

296, arrêté du 2 fructidor ; L 1757, p. 147, Arch. du Var et L 1733, fol. 98, verso, ibid., L 1003 liasse, ibid. ; 1°" Reg. de correspondance du tribunal criminel du Var (Arch. du greffe Draguignan).

3. L 1757, p. 24, Arch. du Var; AFu 58 ; Pierre (Jean-Ionace) dit l'Hardy, né le 19 avril 1740 à Villers (Doubs), engagé volontaire à la brigade d'artillerie de Loyauté le 4 novembre 1759, sergent le 1e" septembre 1763, passé au régiment d'artillerie de La Fère le 15 octobre 1765, détaché à j’armée américaine le 21 octobre 1776 avec bre- -. vet de capitaine d’artillerie des colonies, rentré en France en septembre 1778, chevalier de Saint-Louis le 16 décembre 1789, second lieutenant le 1er janvier 1791, adjudant-major le 1er avril, second capitaine le 28 mai 1792, capitaine-commandant le 26 juillet, chef de bataillon sous-directeur d'artillerie à Givet le 11 août 1793, général de brigade à l’armée d'Italie le 29 novembre, non compris dans la réorganisation du 13 juin 1795, retraité le 31 mars 1796 (Arch. administratives, guerre).

4. D11, fol. 166, Toulon; série D passim, ibid. et Henry: t. I, p. 179 ; LS88, district, p. 70, Arch. Bouches-du-Rhône; AFir 144; L 1757, p. 59, Arch. Var et 1 Reg. de correspondance du tribunal criminel, Arch. du greffe Draguignan.

5. Jeanbon au Comité de Salut publie, 9 nivôse an HE (Guerre, armée d'Italie), et Moniteur, t. XXIV, p. G.

Le Port la Montagne n’a plus à sa disposition les ressources du pays tout entier. La reconstitution de la flotte de la Méditerranée ne se poursuit donc que.bien lentement.

Jeanbon s’y emploie de son mieux. Un arrêté du Représentant du

6 fructidor a précisé les fonctions et les devoirs de l'agent maritime,

du commandant des armes, de l’ingénieur constructeur en chef et de l'ingénieur des bâtiments civils de la marine, afin de « prévenir les prétentions de l’amour-propre qui tend toujours à entraver la marche du service », et d'établir « sur quelle tête doit peser la .r'esponsabililé ». Un autre, le 1e nivôse, appliquera au Port la Montagne, en

les complétant, les dispositions de l'arrêté pris à Brest le 9 nivôse

an IT sur le fonctionnement de l’administration de la marine; le bureau du payeur de la marine est réorganisé, la solde des employés de l’administration augmentée vu le renchérissement des denrées. Jeanbon déclare poursuivre « un plan d'organisation de toutes les parties du service maritime au Port la Montagne » en vue « d'établir un ordre simple qui puisse devenir permanent par l'adoption de la Convention nationale » *. Comme à Brest, comme dans les premiers temps de son séjour à Toulon, il prend soin de la vie matérielle des ouvriers, donne des secours à leurs femmes et leurs enfants, et en revanche surveille étroitement leur assiduité au travail, applique au personnel des chantiers de Marseille les règlements qu ‘il a promulgués pour les chantiers et les arsenaux de Toulon ?.

Mais les troubles de Marseille entravent la marche des constructions dans ce dernier port, ils délerminent même, nous l’avons dit, la défection des ouvriers de Toulon originaires de Marseille. D'autre part, le Comité de Salut public lui-même enlève des ouvriers au Port la Montagne, comme le prouve la lettre suivante que lui écrit Jeanbon * : « On me présenta hier un arrêté de votre part qui met en réquisition dix-huit charpentiers pour la construction d’un pont du côlé d'Agde. Je dois vous dire que je me suis hâté de mettre un sursis à l'exécution sur la copie qui m'a été présentée. La sévérité dont ma mission m'oblige d’user à cet égard fait qu’on se retire vers vous dans l'espoir de vous tromper, et l’on y réussit trop souvent. Persuadez-vous bien que, pour peu que vous consentiez à vous relàcher, vous allez être accablés de demandes, et la marine à peine ressuscitée va être encore

1. Recueil des arrêtés du citoyen Jeanbon; BB3 57, fol. 98; arrêté du 1er nivôse: collection Et. Charavay; BB? 62, fol. 238, 268.

2. Arrêté du 2° jour sans- culottide pour assurer des'‘secours aux femmes et enfants des ouvriers (Arch. commun. Bordeaux, carton des Représentants du Peuple an Il); Recueil des arrêtés du ciloyen Jeanbon ; le Représentant à l’agent maritime, 21 thermidor : retard des ouvriers à entrer dans l’arsenal et des commis aux appels à les surveiller (collection Et. Charavay) ; AF1 139, arrêté du Comité de Salut public du 85 brumaire, confirmant un règlement de Jeanbon ; AF1r 296 ; BB3 62, fol. 203.

3.12 vendémiaire, AFrr 58 ; à Dalbarade, 18 frimaire : « Chacun cherche ses aises aux dépens de la République, des grands moyens de défense dont s’occupe le gouvernement. Que faire à toutes ces demandes inconsidérées qui se multiplient chaque jour autour de moi, qu'on porte à la Commission ou au Comité quand on a eu des refus de ma part ? » (BB? 62, fol. 304).

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une fois désorganisée. On manque, dit-on, de charpentiers ? Il n'y a qu'un mot à dire : veut-on des vaisseaux ou n’en veut-on point ?...… Réfiéchissez, citoyens collègues, et une fois pour toutes renvoyez tous ces misérables détaïls aux Représentants qui sont sur les lieux et qu'on ne trompe pas si facilement. Si, malgré mes observations, vous persistez dans votre arrêté, il sera exécuté, mais les dix-huit charpentiers qu'on demande étant des meilleurs que nous ayons, je dois vous prévenir qu'il en résulte la désorganisalion de huit ou dix ateliers. »

Les effets de la décentralisation nouvelle se manifestent, les municipalités « viennent insolemment jusque dans l’arsenal de ce port réclamer sous divers prétextes les ouvriers qui y sont employés ». De nombreuses demandes « sous la forme de déclarations, certificats, délibérations, ou même par des réquisitions directes ont pour but de rappeler dans le sein de leur commune des hommes utiles à la Patrie, et de priver la République de leurs travaux; comme si des municipalités avaient reçu le fatal pouvoir de s’opposer à la formation de l’armée navale » ‘. Et, dans le Var même, Jeanbon ne peut lever tous les ouvriers dont il a besoin. « Les réquisitions se croisent de toutes parts. Le chef du génie de l’armée d'Italie fait des réquisi-

tions aux communes pour des ouvriers, les autorités constituées

requièrent également des ouvriers, il n’est pas même le moindre employé qui ne donne des réquisitions qui sont cause qu’on com-

.meñce à ne plus s'entendre, et que les ouvriers qui aujourd’hui sont

requis pour se rendre à l’armée d'Italie, demain au Port la Montagne, le lendemain aux différents ateliers nationaux, finissent par n’obéir à personne » ?. La commune de Romans réduit à neuf une réquisition de trente-six ouvriers qui lui est adressée : « Cette conduite tout à fait désorganisatrice, écrit à Jeanbon l'agent chargé de la levée, est une conséquence du peu d'énergie des officiers municipaux et de leur égoïsme qui leur empêche de voir la République audelà de leurs murs *. » Ainsi, loin d'accroître le nombre des travailleurs, Jeanbon doit s'occuper de remplacer ceux qui lui échappent. Ils y évertue sans cesse. Informé qu’il y a quantité de travailleurs de nationalité francaise sur les côtes d'Italie et en Toscane, il écrit en frimaire à notre consul à Gênes de les faire passer à Toulon, tout en écartant « les contre-révolutionnaires qui aspireraient au détestable honneur de rentrer dans leur patrie pour y susciter de nouvelles commotions * ». Le Représentant pense aussi trouver un secours dans les armées d'Italie et des Alpes, il fait travailler les soldats à l'exploitation des forêts dans l'étendue de leurs cantonnements, el le Comité de

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