‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 785 sur 889 · LA RÉACGTION A BREST EN NIVÔSE ET- PLUVIÔSE · texte numérisé non relu

LA RÉACGTION A BREST EN NIVÔSE ET- PLUVIÔSE

mentionner par décret, le 11 nivôse, l'établissement à Brest, Toulon et Rochefort, d'écoles révolutionnaires de navigation et de canonnage marilimes, créations dont, au reste, Jeanbon et le Comité de Salut publie montagnard ont eu linitiative ‘. Mais le 4 nivôse (24 décembre 1794), un décret abroge le maximum, et cette mesure, qui, était très raisonnable en principe, est absurde dans le temps où elle est prise : désormais les paysans ne livreront plus leurs denrées qu'en échange de numéraire, alors que les municipalités n’ont à leur offrir pour approvisionner les villes que des assignats ?. En vain la Commission du commerce est remplacée par une Commission des approvisionnements, en vain la Convention vote à cette Commission, le 19 nivôse, un crédit de 180 millions, et le 11 pluviôse 300 millions, en vain elle décrète l'arrestation de quiconque désobéira aux réquisitions de grains *. La famine qui nous guettait depuis la fin de la Terreur et le départ de Lindet du Comité de Salut publie, la famine triomphe après le décret du 4 nivôse, et la Convention même doit augmenter l'indemnité de ses membres pour leur permettre de subsister. Ce fléau est un nouvel argument dans les querelles des partis, un stimulant aux colères des factions, un auxiliaire précieux à l'anarchie. Pour garder ses grains, chaque municipalité rurale a l'appui de tous ses administrés, exhortations et sommations ne parviennent pas à obtenir de gens besoigneux ou désireux de gros profits qu’ils se dessaisissent de leurs minces provisions pour alimenter la ville voisine ; et du reste, le paysan ne tient plus compte des menaces, il sait bien que le ressort de la Terreur est brisé. Comment dans ces conditions assurer la marche des grands sérvices publics, nourrir les troupes de terre, la marine, la marine surtout qui n’a pas, Comme plusieurs de nos armées. la ressource de vivre sur le pays conquis ?

Aussi, à Brest, un arrêté du Comité de Salut public du 30 frimaire ordonnant d’approvisionner de vivres pour six mois l’armée navale reste lettre morte, et la détresse est telle qu’à la fin de pluviôse les Représentants devront prendre à la charge de l’État la nourriture des employés de l'administration de la marine et des ingénieurs #*. Les dissensions n’en acquièrent que plus de violence, et la rentrée de Blad à la Convention est un nouvel encouragement aux thermidoriens brestois. Une partie des clubistes est incarcérée; Donzé- Verteuil, autorisé par les Représentants à partir pour Paris, est jeté en prison au moment où il fait viser son passeport. On l’accuse de propos royalistes, et un des municipaux qui l’interrogent à

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