Histoire de la Révolution française dans le Var, p
3. Pons, Mémoires pour servir à l’histoire de la ville de Toulon en 1793, p. 362. De la guerre et de l'anarchie ou Mémoires historiques des campagnes et aventures d’un capilaine du 27° régiment d'infanterie légère pendant seize années et cing mois de Révolution, pour servir à connaître les événements et à juger les hommes par J. Laugier (Revue de la Révolution, 1889. Documents inédits, pp. 99-100).
D’autres faits qui n’ont pu trouver place dans le cours de notre récit appellent également un examen. Un contemporain, Laugier, capitaine d'infanterie en garnison à Toulon, s’est plaint que Jeanbon l'ait fait expulser de son logement pour:y mettre « une femme publique, suivante à la Comédie, sa maîtresse ! ». De cet incident nous ne savons rien. Toutefois la collaboration que le personnel des théâtres donnait aux fêtes civiques, la présence des actrices dans le cortège des Représentants au cours de ces solennités, suflirait à expliquer le propos de Laugier; sur d’autres conventionnels la malignité publique s’est exercée de la même façon et pour les mêmes causes ; ajoutons que Laugier, lui aussi, reproche à Saint-André d’avoir sans motif envoyé à la mort l’équipage corse qui avait été
saisi, et d’avoir démoli une partie de Toulon par pur vandalisme, ce
qui n’est pas pour donner confiance dans son témoignage. Enfin,
dans les Mémoires de Senart, est portée contre Jeanbon une impu-
tation très grave : il aurait procuré l'impunité à des criminels qui avaient empoisonné le capitaine d’un navire marchand richement chargé pour s'emparer de la cargaison, il aurait même envoyé au tribunal révolutionnaire de Paris, un citoyen de Toulon, nommé Augias, qui voulait faire la lumière sur ce drame. Nous n'avons aucun renseignement sur’celte affaire, un certain Augias et un nommé Gilet ont bien été envoyés par Jeanbon au tribunal révolutionnaire de Paris, mais il ne nous a pas été possible de savoir pour quel motif ni ce qu'ils devinrent ?. Toutefois, on sait que les Mémoires de Senart ne sont qu’un recueil de racontars absurdes, et si Jeanbon avait participé à une aussi colossale escroquerie, connue, à ce que dit Sénart, des Comités de Salut public et de Sûreté générale, aurait-il pu affir- “mer, au jour où la persécution vint pour lui, son « honorable pauvrelé » sans trouver de contradicteur * ?
La seule faute de Jeanbon Saint-André à Re celle dont sa mémoire porte la peine, c’est d’avoir échoué. Il a quitté le Port la Montagne, comme huit mois auparavant Brest, en vaincu. Mais il suffit de comparer l’escadre qu’il avait armée au Port de Toulon, avec celle de l’Océan telle que lavaient faite son départ de Brest, l'incapacité de ses successeurs, et l’impéritie, l'impuissance du gouvernement thermidorien. Malgré l’accentuation du désarroi dans la colonie révolutionnaire de Toulon après l'éloignement de Saint- André, l’escadre de la Méditerranée livrera deux combats honorables, celle de l'Océan ajoutera au désastre de la croisière du Grand hiver la honteuse défaite de l’île de Groix. Jeanbon avait, sur