‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 830 sur 889 · Les Représentants du Peuple à Brüe (Arch. commun. Brest · texte numérisé non relu

Les Représentants du Peuple à Brüe (Arch. commun. Brest

Auglais sont avertis ‘. Malgré bien des erreurs, les choses marchaient autrement en l’an II.

La marine de la Méditerranée a du moins une fin plus honorable. On a renoncé à l'expédition de Corse, mais l’arrivée de Renaudin a déterminé Niou à aller combattre la flotte anglaise. Retardée par le soulèvement du 1° prairial, la sortie a lieu le 19 du même mois. L’escadre compte dix-sept vaisseaux, sous le commandement de Martin et de ses lieulenants Delmotte et Renaudin. Niou l'accompagne. Poursuivie par 22 vaisseaux anglais, la flotte veut se réfugier au! golfe Jouan. Le 24 messidor (12 juillet), près des îles d'Hyères, le vaisseau l'Alcide est rejoint par l'ennemi, il se défend par le tir à boulets rouges. Nous avons vu combien Jeanbon trouvait ce tir dangereux, effectivement un boulet échappé du fourneau où on le faisait chauffer incendie /’ Alcide, le bâtiment saute ?. En fructidor, la flotte rentrée à Toulon est en proie à la famine, la disette précipite l'exode des matelots et des ouvriers. Elle vide les magasins. Le 13 brumaire an IV, l’ordonnateur à Toulon écrira au ministre : « tous nos magasins sont démunis, tout a été consommé ou vendu * ». Cependant, il y a encore une escadre française dans la Méditerranée, et cette escadre n’a point dans son histoire de défaite honteuse, comme celle de l’île de Groix. Même la division de Renaudin passée sous les ordres de Larichery et retournant en vendémiaire de l’an IV aux ports de l'Océan, capture le convoi anglais de Smyrne. À la vérité, ce n’est 1à qu’un heureux hasard, et cette même division, une fois en relâche dans le port de Cadix, se met en pleine insurrection #.

De tous ces faits, le Comité de Salut public rejette la responsabilité sur la Terreur. C’est ce que Doulcet dit en son nom à la Convention pour expliquer le combat de l’île de Groix, c’esl ce qu’écrit le contre-amiral Truguet dans un mémoire pour le Représentant Defermon, le 14 fructidor an III. Mais, précisément dans ce mémoire, Truguet cite des chiffres qui démentent formellement sa thèse : au 1er floréal de l’an II, d’après des états qu’il accepte, que nous lui avons déjà empruntés et qu'il faut reproduire ici, la France possédait 88 vaisseaux de ligne, dont 54 en activité ou radoub, 34 en construction, et 128 frégates, dont 68 en activité, armement ou radoub, et 60 en construction, plus 295 corvettes et petits bâtiments; or, Truguet convient qu'au 1* fructidor an II, il reste 50 vaisseaux, 19 vaisseaux rasés sont en construclion, il y a 64 frégates en activité, 27 en construction, et 292 corvettes et petits bâtiments. Ainsi, loin d'augmenter nos forces navales ont diminué, les constructions

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