‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 829 sur 889 · DISPARITION DE LA MARINE DE L'OCÉAN · texte numérisé non relu

DISPARITION DE LA MARINE DE L'OCÉAN

Du reste, que ferait-on d’un nombreux personnel sur les chan-

. liers? le matériel existant dans les magasins a été gaspillé, dilapidé,

maintenant on vend les fers et cuirs pour se procurer des blés, et déjà le 19 ventôse-Redon écrit : « tous les magasins sont vides, le hasard seul qui nous a fait faire dernièrement deux prises chargées

de charbon-de terre nous a empêchés d’arrêter les travaux du port

et d’en fermer la porte ». Le 23 ventôse, le même administrateur déclare : « tout estperdu et il n’est pas possible de recréer ce qui n’est plus * ». Même les travaux entrepris par Jeanbon sur les côtes n’ont pas été continués : Guezno et Guermeur nomment un gardien au phare de Penmarch, Palasne-Champeaux les prévient que ce phare n’a pas élé construit ?. Redon en est presque à regretter la Terreur, et la présence à Brest de ce Jeanbon, de ce Prieur qui l'ont laissé emprisonner :. :

Naturellement, nos forces navales tombent dans une complète nullité. Les provisions de l’armée navale ayant été employées à nourrir le personnel et la population de Brest, les Représentants avouent le 1* floréal qu’il leur est impossible de se servir de l’escadre : « quand il nous arriverait 50,000 tonnes de subsistances, nous n’aurions pas de quoi armer et faire sortir n0s vaisseaux pour en protéger l’arrivage “ ». On est parvenu ensuile à remettre en service les trois vaisseaux de Vence, puis les neuf de Villaret qui ont appareillé pour aller débloquer Vence à Belle-Ilsle,; mais leurs croisières devaient être de faible durée et à portée des côtes. Puis, après le combat de l’île de Groix, cette escadre réduite en nombre s’est enfermée à Lorient el a licencié ses équipages. Nous n’avons plus d'armée navale de l'Océan. Quant à l'expédition des Indes Orientales, il est impossible de la combiner, étant donnée l'anarchie qui règne dans les services. Har-

. mand de la Meuse a été désigné en ventôse avec Barras et Le Tour-

neur pour la suivre, il a reçu à son départ de Paris l’assurance de

.Dalbarade que tout était prêt. Arrivé à Brest, il apprend que les

royalistes ont mis les Anglais au courant du projet; en revanche Redon lui déclare n’en avoir été informé que par les journaux, et n’avoir par suite rien préparé. Harmand écrit à Paris. Ni le Comité de Salut public, nile ministre ne répondent. Harmand envoie un agent au Comité de Salut public, les chouans l’interceptent. Il veut se concerter avec ses deux collègues, mais Barras est occupé à ramasser des subsistances pour Paris, et Le Tourneur est à Toulon. De guerre lasse et’après avoir perdu bien du temps, Harmand retourne lui-même à Paris, le Comité de Salut public lui dit qu’il est trop tard pour persister dans l’entreprise, et que du reste les

1. Les Représentants du Peuple à Brest à Brüe, 1°r floréal, et au Comité de Salut public, 12 floréal (Arch. commun. Brest); Procès-verbal, t. LVIH, p. 41; Coutances, Brest en l'an 111; Levot, p. 404. ;

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