‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 832 sur 889 · NOS FORCES NAVALES A LA FIN DE L’AN I · texte numérisé non relu

NOS FORCES NAVALES A LA FIN DE L’AN I

surtout se sont notablement ralenties. Sur les 50 vaisseaux, 32 seulement sout en activité, dont 16 appartiennent au port de Toulon. Les vaisseaux manquent de vivres au point de ne pouvoir faire une croisière de huit jours, « excepté 10 6u 12 de ceux de Toulon ». N’estce pas l’aveu par un ennemi des Montagnards, des efforts accom-

plis par le Comité de Salut public d'avant le 9 thermidor, et par

Saint-André à Toulon après le 9 thermidor ? Truguet ajoute : « les chantiers sont abandonnés faute d'ouvriers que l’on a découragés, nos vaisseaux en rade dépeuplés par les maladies, l’indiscipline, les désertions, et par un mécontentement général qui tient au peu de soin qu'on avait des marins qui n’ont même pas reçu leurs parts de prises si légitimement gagnées ». Et Truguet propose un

plan d'opérations identique à celui qu'avait adopté le gouvernement - montagnard, sauf en ce qui concerne le système de protection du ca-

botage. Il faut, dit-il encore, « soigner mieux que par le passé les malades dans les hôpitaux, façonner les équipages à la discipline, élever les novices et les mousses comme des êtres destinés à devenir des

républicains, rendre les capitaines responsables du maintien du ser-

vice, de la propreté dans les vaisseaux et parmi les marins, fournir des hardes aux matelots lesquelles seront journellement inspectées par les officiers de la marine ». [Il recommande en un mot, tout ce qu'avait voulu Saint-André, tout ce que les arrêtés de Saint-André avaient établi momentanément dans le ressort de ses missions ‘. Les journées de prairial an IIT avaient été sans doute fatales à Dalbarade dont le passé était entaché de jacobinisme. Du moins, sa signature disparaît des rapports au Comité de Salut public après le 9 prairial, celle de Redon lui succède le 20, et le 14 messidor (2 juillet) le Comité de Salut public fait ratifier par décret de la Convention la substitution du second au premier ?. Redon, qui s’inspirait des conseils de Kerguelen, et que par suite ce dernier a porté aux nues, Redon était évidemment un bon administrateur, mais il se préoccupait principalement d'agir en tout à l’opposé du gouvernement montagnard *. Defermon qui, en messidor etthermidor fut chargé de la marine dans le Comité de Salut public, seconda Redon de son mieux. Il essaya de simplifier les rouages du gouvernement, si embarrassés « par la mulliplicité des Commissions que des bâliments en rade depuis trois mois ne peuvent être équipés parce que l’on ne connaît jamais la

Commission qui doit fournir les objets dont on a besoin »; il fit

rendre à la Commission de la marine les services de l'artillerie, des

1, Collection Maurice Loir. Noter que Blutel à Bordeaux, le 29 germinal, avait arrêté la répartition entre les équipages de Rochefort et Brest de quatre millions provenant des prises (Arch. commun. Bordeaux). Cf. BB! 10, fol. 186.

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