BB1 10, Moniteur, t. XXV, p
3. Kerguelen, pp. 354-386 ; rapport de Redon au Comité de Salut public sur la disposition de la loi du 14 nivôse an II qui envoyait les marins de l'Océan dans la Méditerranée et vice-versa, il n’y voit que « la suite du système désorganisateur » de la Terreur et de « la manie des innovations » (BB! 10, fol. 192).
bâtiments civils, des approvisionnements, réserve faite des blés et farines *. “
Mais la réorganisation de nos forces navales devait être une œuvre de longue haleine, et il était de toute impossibilité dans le désarroi de notre marine, de persister dans les grandes opérations. Malgré les conseils de Truguet, le projet d’une descente en Angleterre fut abandonné après les combats de l’île de Groix et des îles d'Hyères, la construction de quantité de bateaux plats ordonnée dans cette intention fut suspendue, la réquisition de tous les navires de commerce qu'avait prescrite la loi du 4 octobre 1798 fut annulée définitivement le 14 thermidor ?. C'était annoncer que lon renoncçait à la grande guerre. En revanche, comme aux premiers mois de 1793, comme dans la dernière période de la guerre de Sept Ans, on revint à la guerre de course, le gouvernement encouragea les armateurs dans celte voie, et le 23 thermidor, Defermon, au nom du Comité de Salut public, vint proposer à la Convention d'autoriser
la course. Il le fit dans un discours ridicule où il raillait « ces éta-
lages de puissance maritime qui ne flaltent que l'orgueil personnel et consomment inutilement les ressources de la République »; le gouvernement anglais, disait-il encore, « pourra, s'ille veut, se pavaner de ses escadres et les faire promener en ordre de tactique, le Français se bornera à l’attaquer dans ce qu’il a de plus cher, dans ce qui fait son bonheur et son existence, dans ses richesses ? ». La Convention vota sa motion, ainsi qu'elle avait voté toutes les mesures relatives à la marine présentées par le gouvernement depuis les premiers jours de sa session, c’est-à-dire sans discussion, sans recherche des responsabilités, avec l'indifférence traditionnelle des Français pour la puissance navale de leur pays.
Du moins, dans ces derniers mois de sa carrière, en thermidor et fructidor an III, vendémiaire an IV, le Comité de Marine de l’Assemblée travailla courageusement à une réorganisation de la marine par voie législative. Gouly, Boissier, Tréhouart principalement furent les inspirateurs et les rédacteurs de projets bien intentionnés qui