‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 861 sur 889 · Beugnot, t. Il, p · texte numérisé non relu

Beugnot, t. Il, p

6. Voy. sur lui, Chassin, Révolution française, t. XXX V, p.255. Sur Montauban à cette époque, voy. Fih1r Lot (Arch. nat.).

ban qu’en l’an XI (1802-1803) et en 1807 pour affaires de famille ‘. Sa femme, « Madame la baronne de Saint-André », y mourut le 19 août 1812, loin de lui, et probablement sans laisser un grand vide dans son existence. Le fils de son frère aîné élait fixé auprès de lui à Mayence comme receveur de l’octroi de navigation du Rhin. Son autre neveu Bellue, le fils de sa sœur, après l'avoir suivi à Brest, Alger, Smyrne etKerasonde, était devenu garde-magasin général des tabacs à Spire, s'était marié en 1809 dans une des familles notables de Mayence, et la fillette de Belluc vivait auprès du préfet. Jeanbon avait également dans son hôtel sa sœur Antoinelle Jeanbon, infirme et aveugle ?. La plupart des siens avaient ainsi émigré auprès de lui. Nous ne savons s'il avait gardé des relations avec ses ex-collaborateurs de Brest et de Toulon, et avec ses anciens collègues à la Convention. Un fils de Pierre Sers avait trouvé place dans ses bureaux, puis sur sa recommandation reçut une des sous-préfectures du département ?. Avec sa famille, avec ce jeune homme, quelques amis, dont le maréchal Kellermann qui l’appréciait beaucoup, constituaient la société de Saint-André. Il se mêlait un peu par devoir à la vie mondaine de Mayence, mais partageait la plus grande partie des loisirs que lui laissaient ses fonctions entre sa campagne de Windhausen et la lecture. Il lisait énormément, se tenant au courant des publications nouvelles, étudiant le passé de la région rhénane, plein d’estime pour la littérature allemande, mais absolument insensible, comme tous ses contemporains, à la beauté des chefs-d’œuvre de l’art gothique dont ce pays est si riche et qui pour lui n'étaient que des monuments de la superstition ‘.

Survinrent les désastres de 1812, les premiers succès de la campagne d'Allemagne de 1813, l'armistice de Pleisswitz et le congrès de Prague. Au cours de cette trêve, du 27 juillet au 1e août, Napoléon vint séjourner à Mayence. Et c’est alors qu’on put assister à une évolution dernière dans les idées de Jeanbon Saint-André.

Il avait longtemps été dupe des apparences républicaines du régime -impérial, peut-être ses yeux s’élaient-ils dessillés avant 1813 et s'élait-il néanmoins résigné à continuer au régime napoléonien ses services, en considération de l’ordre, de la prospérité, de la gloire assurés au pays, el par admiration pour le génie de l’empereur.

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