‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 866 sur 889 · Mémoires, t. Il, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. Il, p

2. Correspondance avec le ministre (F1b n, Fier Mont-Tonnerre), Bæckenheiïmer,

Mayence en 1813, pp. 20, 21, 26, 84-87.

secours, accentua les mesures de rigueur contre ceux des indigènes en qui se réveillait l'attachement à l'Allemagne; et, d'autre part, il suppliait le vieux Kallermann de ne pas recourir aux réquisitions violentes pour ménager la fidélité des habitants !. Le 1°" novembre, l’armée d’ Allemagne | rentra dans Mayence, elle remplit les hôpitaux de ses malades, les rues de ses traînards, et dans tout le département les maires d’origine allemande se dérobaient, les populations s’épouvantaient, les fonctionnaires perdaient la tête. Jeanbon tenta cependant encore de prêcher la confiance, de faire régner l’ordre et respecter l'autorité. Il s’ingéniait à trouver des ressources sans molester les administrés, se concertait avec le duc de Valmy, se mettait aux ordres de l’autorité militaire. Les coureurs ennemis rôdaient dans ses environs, l'investissement de la ville était proche. Jeanbon se déclara résolu à ne pas quitter le département sans l’ordre exprès du ministre.

Soudain, dans les hôpitaux encombrés le typhus se déclara. Le 19 novembre quarante-neuf habitants, le 20 deux cent onze militaires moururent. « Le désespoir et l’épouvante règnent dans Mayence, écrivit le 21 novembre le préfet au ministre, nous sommes entourés de morts et de mourants, nous marchons sur les cadavres, nous ne pouvons les faire enterrer parce que les moyens nous manquent. » Son personnel était décimé par la contagion, et cependant les réquisitions les plus pressantes se succédaient de la part de l'autorité militaire. Jeanbon tâcha de suffire à tout, et s’efforça principalement d’enrayer l'épidémie : « il prodiguait ses soins aux malades comme s’il eut cherché volontairement la mort ? ». Le 29 novembre, il fut lui-même atteint par le typhus. Dans son délire, il demandait de l’encre, des plumes, du papier pour écrire à l’autorité militaire et la prier d’éloigner les troupes, principal agent de la contagion *. Il mourut le 10 décembre de cette année 1813, assisté d’un pasteur calviniste. Ses funérailles eurent lieu le 11, et le 25 décembre, jour de Noël, fut prononcée dans le temple de Mayence son oraison funèbre *.

Sa mort fut saluée par les imprécations du journal, Le Mercure

1. Voy. par exemple sa lettre du 2 novembre aux sous-préfets et maires du département (en allemand, Bœckenheimer. Mayence en 1813, p. 176).

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