Cf. les pages qu’elle consacre à Saliceti, pp
= IL MEURT VICTIME pu pevoir (10 DÉCEMBRE 1813) 1117
« Ou préparé de tels résultats ? Un gouvernement composé de con- « ventionnels, de jacobins forcenés, coiffés de bonnets rouges, ha- «billés de laine grossière, des sabots aux pieds, réduits pour toute « nourriture à du pain grossier et de mauvaise bière, et qui se jetaient « sur des matelats étalés par terre dans le lieu de leurs séances, « quand ils succombaient à l'excès des fatigues et des veilles. Voilà « quels hommes ont sauvé la France. J’en étais, Messieurs ; et ici, « comme dans l’appartement de l'Empereur où je vais entrer, je le
« tiens à gloire !. — On ne peut pas disputer des goûts, reprit un
« général, mais en accordant aux Comités du gouvernement de « l’époque la justice qui leur est due sous les rapports militaires, il y « a beaucoup de leurs actes dont il est impossible qu’on puisse se « glorifier. Je réclame contre l'expression, elle est trop forte. — Et
«moi, je la maintiens, reprend Jeanbon. Au surplus, attendons « quelque temps, la fortune est capricieuse de sa nature. Elle a élevé « la France bien haut ; elle peut tôt ou tard la faire descendre, qui « sait ? aussi bas qu’en 1793. Alors on verra si on la sauvera par des « moyens annodins, et ce qu'y feront des plaques, des broderies, « des plumes et surtout des bas de soie blancs. »
L'ancien conventionnel avait bien accepté lui aussi des décoralions:
et une place dans l'état-major impérial. Toutefois, au déclin de sa vie, et à l'heure où s’apprétait un orage aussi terrible que celui de 1793, jetant ses regards autour de lui, cherchant des hommes dignes de sa génération pour résister à la tourmente, il ne rencontrait que des têtes légères et des caractères sans énergie, il se souvenait de ce qu’avaient fait ses contemporains, il revoyait la France léguée par les Jacobins de l'an II à leurs successeurs, et il exprimait sa légitime
fierté du passé, son dédain du présent, son appréhension de l'avenir.
dans une apostrophe superbe, son testament politique à la postérité. Puis, tandis que l'Empereur disputait le terrain aux masses grossissantes des coalisés autour de Dresde et de Leipsick, Jeanbon se remit à sa tâche avec abnégation, avec acharnement. Il essayait de communiquer à ses administrés la confiance qu’il n’avait plus, tenait le ministre de l’intérieur au courant de toutes les nouvelles, et, dans la crise que traversait le pays, il reprenail les errements qu’il avait suivis au cours de ses missions : ordre à tous les étrangers séjournant à Mayence de se procurer une carte de sûreté, surveillance étroite des mécontents et des fournisseurs, vente de biens nationaux pour faire de l'argent, équipement de volontaires aux dépens des riches *.
A la fin d'octobre arrivèrent à Mayence de longs convois de blessés et de malades évacués par les hôpitaux d'Allemagne, cortège lugubre, avant-garde d’une armée en détresse suivie elle-même de linvasion. Jeanbon institua une commission de salubrité, multiplia les